Mass Productions

Publié le par K.K.

Punks Artisans pas morts !!!

 

Mass Productions

 

Glavio : Pourquoi est-ce que vous vous appelez Mass Productions ?

 

Vincent : Eh bien il fallait un nom simple, et dans l’urgence, en discutant avec Rico le batteur des Mass on s’était dit : Comment allons-nous appeler l’asso des Mass Murderers, puisque c’était ça la base du truc, et donc ça a été fait tout simplement, comme ça, Mass Prod.

 

Glavio: Directement, c’est quoi l’objectif du label à l’origine, l’historique, comment ça s’est monté, et plus ou moins où vous en êtes ?

 

Vincent : Donc l’historique… Ayant sorti quelques premiers disques des Mass avec des économies perso, il a fallu à un moment donné faire de la facturation pour vendre ces disques-là. Et il fallait une association pour pouvoir encaisser des sous quand tu fais de la facturation pour un disquaire, pour une asso amie, etc.… Le premier 45 tours des Mass est sorti donc avec des économies perso, sans association derrière. On a été accueillis par une association rennaise qui s’appelait Barket Records en 1995, et puis début 96 on a créé Mass Prod pour un petit souci entre personnes au sein de Barket, et puis il y a eu une asso qui s’est créée pour les Mass quoi, avec les musiciens des Mass et puis avec moi, Vincent, et puis avec également Fabian qui était déjà chanteur de TV Men et qui est le frère de Gaétan, le bassiste des Mass Murderers.

 

NoWay : Et vous étiez combien à la création de l’asso ?

 

Vincent : Eh ben on était 4 : président, vice-président, secrétaire, trésorier, dans l’ordre c’était Gaétan et Rico des Mass, Fabian et moi, à ces 4 postes-là.

 

NoWay : Maintenant, vous êtes combien à bosser, vous êtes combien dans la structure ?

 

Vincent : Actuellement, il n’y a que 2 salariés, 3 personnes dans le bureau plus une équipe de bénévoles qui peut aller de 15 à 30 personnes selon les soirées. Quand c’est un concert du Mondo Bizzaro on n’est que 5-6 personnes sur l’affaire. Quand on organise des festivals plus importants, on peut être jusqu’à une trentaine de personnes. On n’a jamais passé le cap supérieur actuellement. Sinon, tous les gens qui étaient à la création de l’association, les 4 du bureau originel ne sont plus dans le bureau de l’association, parce que chacun au fur et à mesure a été embauché dans l’asso, soit en poste CES, soit en poste CEC, soit en Emploi jeune. Donc actuellement, les gens qui sont dans le bureau de l’association sont arrivés dans ce bureau là en 98, 2-3 ans après la création.

 

NoWay : Quelles sont maintenant vos diverses activités ? Comment ça a évolué ?

 

Vincent : Donc en 96 on a sorti des disques des Mass Murderers, plus un ou deux 45 tours de groupes amis comme les TV Men ou Disruptive Element. Ça a été assez vite puisque les premières séries de 1000 CD des Mass se sont vendus assez bien, donc il y a eu moyen de rembourser l’investissement de base, plus commencer à penser à faire une création de CES dès la fin de l’année, parce qu’un poste CES ça coûte pas très cher, ça peut être moins de 100 Euros par mois. Avec les sous qui sont restés, avec les sous perso qu’on avait mis dans l’asso, ça a permis à certaines personnes de dire : tiens, j’aimerais bien sortir ça ou ça. Ce qui fait qu’il y a eu d’autres groupes amis qui sont sortis sur le label, comme les Disruptive qui étaient de Vannes et les TV Men de Saint Brieuc. Et puis l’organisation de concerts n’a pas vraiment rapporté d’argent tout de suite, puisque aussi bien à Cleunay en 96 où il y avait 500 personnes qu’à la salle de la Cité l’année suivante avec plus de 900 personnes, ça n’a ramené qu’assez peu d’argent. Après, très très vite ça s’est élargi, il y a eu encore plus de groupes à sortir sur le label. Moi, je suis resté dessus à temps plein tout en étant bénévole pendant 2 ou 3 années. Ça a permis à des gens qui n’avaient pas de revenu du tout, qui avaient entre 20 et 25 ans comme Pec ou Rico des Mass, Pec étant le chauffeur, de se prendre un CES, ça leur a permis d’avoir à bouffer tout simplement. Ça a aussi permis à d’autres gens qui étaient au RMI depuis longtemps, comme Marco, d’avoir un poste CES. Et puis après, en 98, on s’est aperçus qu’il y avait moyen d’avoir un peu le jackpot des Emplois jeunes, qui étaient quand même pratiquement pris en charge à 100 % pendant 5 ans avec un peu de travail administratif. Il fallait faire un dossier, mais par rapport à ce qui a été demandé dans les années qui ont suivi, c’était à l’époque d’une simplicité assez enfantine. Donc ça nous a permis en réfléchissant un peu avec Fabian  de se dire qu’étant tous les deux depuis longtemps au chômage, on avait droit à ça même si on avait un peu plus de 25 ans.

 

 

 

 

On a donc monté les dossiers assez vite et ça nous permis de nous stabiliser sur un emploi à temps plein, et d’avoir une bonne dose de travail gratuit pour l’asso, puisque c’est des postes qui étaient pris en charge vachement : 80 % l’état, 10 % ville, 10 % la région. Et puis on en a profité bien sûr pour aider d’autres copains ailleurs à faire ça, dans d’autres régions, ou bien dans d’autres assos de la région, leur montrer qu’on pouvait s’y mettre même si t’étais dans un style de musique qui ne rapportait pas forcément beaucoup d’argent. Tu pouvais quand même essayer de créer ton job comme ça parce qu’on avait la chance en France d’avoir un budget pour la culture quand même assez important. Voilà comment ça a évolué, et puis après au niveau des groupes, il faudrait que tu regardes la discographie du label.

 

NoWay : Il y a combien de groupes ?

 

Vincent : Ben c’est assez impressionnant, puisque rien que les 4 compiles Breizh Disorder ça fait 120 groupes. Actuellement sur le label, des groupes qui tournent et dont on sort les disques, il y en a à peu près 25. Il y en a qui tournent peu, d’autres pas mal ; il y en a qui vendent peu de disques, d’autres un peu plus, tu vois. Le pressage des albums c’est entre 1000 et 4 à 5000 copies, ça dépend. Le plus gros groupe ce serait Inner Terrestrial, qui est un groupe qui fait du Punk Reggae de Londres, qui arrive à jouer sur des festivals comme Malestroit, le Pont du Rock ou bien Les Vaches au Galop à côté de Fougères. C’est un peu la tête d’affiche, donc on va sortir pour eux un DVD d’ici un mois ou deux, notre 1er DVD. Sinon on a encore 4 ou 5 albums à sortir d’ici la fin de l’année. Il y a la compile de Mass Prod, c’est un CD qu’on va essayer de sortir pour la 1ère fois. On va avoir 30 groupes sur un CD pour un prix modique, ce qui va permettre aussi de faire connaître tous ces groupes auprès de pas mal de radios et de fanzines en France (vu qu’on reçoit à peu près tous les jours des demandes de promos de petits fanzines, de petites émissions de radio à l’autre bout du pays mais qu’il est difficile pour nous d’envoyer 10 ou 15 CD album). Là comme ça, ils auront un morceau de chaque groupe, et s’ils veulent creuser un groupe particulièrement, ils pourront toujours s’acheter l’album ou nous demander une documentation plus précise.

 

S’ensuit une présentation des divers groupes du label, comme les Nevrotic Explosion, qu’ils suivent depuis le 1er 45 tours il y a 5 ans, et dont le disque va bientôt sortir en vinyle, les Drug Dealers avec 2 anciens des Mass Murderers dedans. Leur disque qui existe en CD va aussi sortir en 33 tours.

Les albums en projet : Burn At All de Fougères, Doberman de Caen, Wanted de Concarneau, Happy Kolo de la banlieue parisienne, Sans raison, pareil, du 78, Korrigang de Lannion (Punk celtique, assez particulier, avec un violon).

Présentation d’autres groupes du catalogue, comme Bone House (groupe allemand).Vincent nous explique que c’est un des rares groupes qu’ils vont produire sans les connaître, la plupart étant le fruit de rencontres, comme avec les Varruckers, formés au début des années 80, venus en France en 1997 pour la 1ère fois et dont ils ont sorti le dernier album en vinyle, en collaboration.

On est quand même un petit budget : on sort entre 5 et 10 albums par an. Donc on fait de la collabo à fond. Comme ça, au lieu de sortir 5 albums, des fois on en sort 10 dans l’année. Nous on n’a payé que la moitié des brouzouffes, et puis voilà !

Retour au catalogue avec Slaanesh, groupe local, délire de Gaétan des Mass Murderers qui peut enfin y exercer sa grosse voix, avec une pochette assez métal, et un nom tiré du nom d’un démon dans le jeu de rôle Warhammer, voire d’une divinité asiatique liée au Chaos.


NoWay : Sinon globalement, quel est le panel de genres représentés maintenant sur le label ?

Glavio : Après quelques années de côtoiement du Hip Hop et de Jungle Ragga, est-ce que vous avez enfin des noirs à chanter sur votre label ?

Vincent : Ben non, c’est même pas ça, on a eu un noir à la base dès le début du label : le bassiste de Kurp Side. C’est le seul groupe américain qui soit sorti sur le label Mass Prod, c’était vers 97. Mais pour revenir au Hip Hop et au Reggae, c’est vrai qu’on en a mis un ou deux morceaux sur la compilation Breizh Disorder volume 3. Autant les volumes 1 et 2 étaient vraiment dédiés au Punk et au Hardcore, autant sur le 3 on s’est dits : on va s’lâcher un peu, on va mettre les copains de Rennes qu’on connaît bien, comme le Call Jah Crew qui fait du Ragga et aussi Bébert le rappeur de Big Brother, il y avait Lena Rayana qui faisait un mélange de fusion, tout ça. Bon et puis on est contents de l’avoir réalisé. Maintenant pour le volume 4, on a reçu tellement de démos intéressantes en Punk, Hardcore, dans le Reggae Punk  qu’on a même zappé un peu les sons un peu ska, plein d’artistes Reggae Ragga de Bretagne qui étaient prêts pour être sur le volume 4. Le côté Dub, Reggae, c’est pas la priorité du label. Y a Inner Terrestrial, et le fait d’avoir des artistes noirs, ben ça nous soucie pas non plus. L’important, c’est que s’il y a des noirs qui se pointent dans les concerts, ils se sentent à l’aise, c’est ça l’important pour moi.

Sinon, au niveau des limites au niveau du style, au tout début du label, en 96, il y avait beaucoup d’écart entre les Mass Murderers qui étaient un peu Punk Hardcore, le rock limite psychédélique garage mods des TV Men, qui étaient des gens plus posés, et puis l’extrême Hardcore de Disruptive Element, qui étaient déjà limite en Grindcore, c’était vraiment des trucs à l’arrache. Donc je pense que le label déjà à la base était assez ouvert. Maintenant, c’est vrai qu’on s’est élargis puisqu’on pourrait encore fixer d’autres diagonales : Inner Terrestrial avec le Ska Reggae Punk, puisqu’on a tous été super fans de groupes comme les Sticky Toy Fingers, Clash ou Ruts, donc c’est un bon mix de tous ces groupes-là. Comme autre nouvelle influence, il y a aussi le Punk français parce que c’est vrai que dans les Mass Murderers y avait assez peu de morceaux en français, les TV Men, Disruptive chantaient pas trop en français. Les Melmor l’ont fait mais ils ont jamais été jusqu’à l’album.

 

On a en fait attendu assez longtemps avant de sortir un album chanté en français. Le premier, c’était l’album des Stéroïn, fin 2001. On a donc attendu 5 ans, et depuis on s’est rattrapés puisque les Happy Kolo chantent en français, Nevrotic chante un peu en français, mais on a aussi des groupes comme les Apaches, qui est une collaboration. Sinon on a du Punk Rock anglais, on en a pas mal, on a Inner Terrestrial, mais on a aussi In The Shit qui sont du Pays de Galles, on a les Sensa Huma, les Varuckers et aussi, et pas des moindres, les Sick On The Bus, qui est un groupe magnifique. Bon et puis des groupes de la région, les Sleazy Joke, les Craft, les TV Men… On a travaillé avec eux depuis le début, et puis là ils sortent enfin un album sur un autre label, Action Records, qui est situé à Nancy, et qui a fait un bon boulot. C’est style rock et ça a bien évolué. Ils ont quand même fait 3 albums en 10 ans… C’est le seul groupe des débuts du label qui existe encore en fait. C’est ça aussi qui est remarquable.

Glavio : Sinon, est-ce que les groupes fonctionnent avec des organismes du genre de la SACEM, est-ce que les morceaux sont copyrightés, est-ce que vous avez accès à des droits sur les gens qui tournent ?

Vincent : Et ben non, en tant qu’asso on n’a accès à aucun droit. Par rapport à la SACEM, c’est au choix de chaque musicien de s’inscrire ou pas, nous là-dessus on n’intervient pas. Moi, ce que je conseille parfois à des musiciens c’est de ne pas s’inscrire parce que je leur explique que s’ils sortent leur album et qu’ils veulent le faire promotionner par un truc comme Puko, le magazine Punk qui est tiré à 20 000 exemplaires, que beaucoup de gens achètent parce que pour 5 € t’as un magazine de 100 pages et un CD 30 titres. Et par exemple, si tu prends le cas des Wanted, on va proposer à Puko de mettre un morceau sur le Sampler, ils vont nous dire oui. Mais s’ils s’aperçoivent que Wanted est inscrit à la SACEM et qu’ils doivent sortir 200 ou 300 € pour se payer le morceau des Wanted sur le Sampler ça risque de les refroidir. Donc par rapport à ça, le fait que les musiciens soient inscrits à la SACEM ça peut être une barrière. C’est le seul exemple. Sinon le fait que les musiciens aient envie à un moment donné de dépenser 100 € pour s’inscrire à la SACEM. Nous, ça va intervenir au moment du pressage, c'est-à-dire que si on fait 1000 CD, en principe le groupe a payé son studio, nous on a juste à faire le chèque à l’usine pour fabriquer le CD, c’est entre 1500-2500 € suivant que c’est un livret traditionnel ou un beau digipack. Si par contre le groupe est inscrit à la SACEM, c’est à nous de sortir 600 € de plus. Donc au lieu de filer 200 CD au groupe sur 1000 sortis, parce qu’en général on fonctionne comme ça, on leur en file moins : 100 CD au lieu de 200. Parce que quand tu es inscrit à la SACEM, au moment de la sortie de l’album elle empoche des sous qu’elle redistribue aux musiciens qui sont inscrits chez elle 6 mois, 1 an après. Pour certains musiciens c’est intéressant, pour d’autres petits groupes qui ne sortent que 1000 CD… moins ! C’est pas spécialement utile de s’inscrire à la SACEM, puisqu’au niveau des sous, ils perdent 100 CD qu’ils auraient pu vendre aux concerts, ce qui fait 1000 €, hors outre les 6 mois à attendre, ils vont pas récupérer 1000 € de la SACEM, tu vois, ils vont récupérer que 500 €. Les 1000 € qu’ils auront vendus au concert ils peuvent se les mettre dans la poche aussi. Rien ne les empêche de les prendre, puisque c’est pour eux à la base. La plupart du temps, c’est eux qui paient le studio de leur poche, ou avec les sous qu’ils ont ramassés sur les concerts. On n’est pas sur des budgets phénoménaux… La SACEM, en termes de pressage, voilà comment je gère le truc. Si les groupes sont inscrits, on leur dit : t’as un peu moins de CD pour toi. La plupart du temps les groupes ne sont pas inscrits, donc c’est tout simple. C’est comme pour tout label : tu sais que tu vas avoir un dossier SACEM à remplir, c’est pas du tout contraignant, ça prend un petit quart d’heure une fois que tu as la liste des morceaux, le nom  des musiciens qui interviennent, et puis le titre de l’album. Voilà, tu envoies à la SACEM, tu leur dis : on va sortir 1000 CD. Et puis quelques jours après, tu reçois une réponse qui te dit :

 

les musiciens n’étant pas inscrits, vous avez 0 à payer. C’est ce qu’on appelle P.A.I., propriétaire actuellement inconnu. Ça veut dire que les musiciens bien sûr ne vont pas recevoir d’argent de la SACEM, c’est à nous de leur en donner. Là où c’est un peu plus contraignant, c’est quand tu fais une compile comme la Breizh Disorder où t’as 30 groupes, et il faut qu’à chaque groupe tu expliques le système parce que la plupart du temps c’est des jeunes groupes qui sont au stade de la 1ère démo, qu’ont jamais eu affaire à la SACEM, et quand tu leur prononces le mot SACEM, pour eux c’est comme s’il allait falloir qu’ils s’inscrivent impérativement, alors que c’est juste expliquer que non : tu donnes les noms du groupe à la SACEM, et s’ils le désirent ils ne donnent qu’un nom. Ils n’ont pas besoin de plus. De ce côté-là ce n’est pas policier ! Mais la SACEM  en fait, c’est plus  ce qui concerne les concerts, où t’es censé leur dire. Quand t’es dans un squat ou que tu fais ça occasionnellement, tu peux peut-être y échapper, mais quand t’es une asso avec une adresse,  des subventions et tout ça, c’est pas dans ton intérêt, donc il vaut mieux connaître bien leur système pour éviter de leur donner des sous que tu leur dois pas. Sur certains concerts, si tu ne connais pas bien leur système et ne fais pas bien les papiers, ils vont te taxer de 8 % hors taxe les entrées, alors qu’en fait, tu t’aperçois que, sur 8 groupes qui ont joué,par exemple à la Cité, il n’ y en avait que 2 inscrits à la SACEM, Toxic TV et GBH, et tu te dis que t’as donné beaucoup d’argent alors qu’il n’y a qu’un quart des groupes d’ inscrits. Et si tu lis bien leur petit tableau, tu t’aperçois qu’effectivement, si tu n’avais que 25 % du répertoire de la soirée inscrit, tu n’aurais dû payer que 3 % des recettes, soit 3000 F sur ce coup-là, tu vois. Donc maintenant on fait attention à ça, et n’importe quelle asso organisatrice de concerts devrait le faire : tu vas à la SACEM avant, tu remplis un papier descriptif avec la date, ton budget prévisionnel et les groupes qui vont jouer, s’ils veulent venir vérifier, ils peuvent ! Après, tu leur déposes un dossier expliquant que tels morceaux ont été joués, par tels groupes, tels musiciens qui ne sont pas inscrits, et ainsi, tu es prêt à te battre à armes égales avec eux. S’ils te demandent 10% des recettes de ta soirée, tu leur diras non parce que les personnes qui se sont produites  n’étaient pas inscrites et que tu n’as pas à te faire taxer comme ça. Sinon, s’ils te prennent 5000 F et qu’il n’y en a que 1500 qui retournent au groupe, les 3500 qui vont rester c’est pour leur poche. J’envisage ça comme ça au niveau de la mécanique de la SACEM. On a décidé de ne pas leur donner plus d’argent mais pour les musiciens qui sont inscrits et qui sont chez Mass Production, y’a pas de souci, ils seront toujours les bienvenus, parce que c’est leur droit de vouloir être protégés. Nous, on a beaucoup de petits groupes et de musiciens qui gagnent très peu d’argent, et si un jour ces gens-là ont la chance de pouvoir devenir professionnels et d’avoir pas mal de sous qui rentrent grâce ça, tant mieux pour eux. S’ils trouvent un meilleur label que nous ou si notre label se développe avec des musiciens inscrits à la SACEM, pourquoi pas ? On est obligés d’y passer, c’est en même temps une protection des musiciens, et ça me soucie beaucoup moins que le droit à l’intermittence, par exemple. Je trouve aussi  que c’est une chance phénoménale en France d’avoir pu avoir des emplois chez Mass Prod pour faire de la musique, aussi bien en CES qu’en CEC ou Emploi Jeune, et d’avoir vu en même temps depuis 10 ans la création de la professionnalisation, au niveau technique et tout ça. C’est magnifique ! Au niveau musical on est dans le pays peut-être au monde où c’est le mieux quoi. Ouais !… Faut quand même se rendre compte de cette chance. Moi j’aurais pu faire ce label dans d’autres pays, bien sûr, mais avoir la chance d’en vivre pendant 5 ou 7 ans, je pense que c’est le seul endroit…

Glavio : On appelle tous les petits labels, comme vous ou les Enragés, des labels indépendants. Qu’est-ce que ça veut dire pour vous, et est-ce que vous vous considérez réellement indépendants ?  

Vincent : Pour nous c’est beaucoup de pouvoir, le label, parce qu’on a toute la liberté de sortir les textes et les groupes qui nous plaisent. Donc on considère ça comme une grande chance. On est indépendants, et en même temps on ne l’est pas. Parce que même si actuellement on a assez de tout pour produire 4 ou 5 albums, qui sont déjà prévus, on est dépendants de tous les musiciens qui nous font confiance depuis 10 ans. Voilà, puis c’est une famille qui s’agrandit mois après mois. On est dépendants de tous les gens qui veulent prêter un peu attention à ce qu’on sort comme musique, des distributeurs, de tous les petits labels. On est comme un petit commerce, très dépendants de notre petit listing de 500 personnes qui commandent des CD tous les ans chez nous, des 10 ou 15 magasins avec qui on travaille, de nos 2 distributeurs Overcome et Sobridis. Et en même temps on est très indépendants, parce qu’on a l’indépendance de dire : tiens, cette après-midi, j’ai eu l’idée de sortir tel disque, puis d’en discuter à 4, les 2 personnes du bureau qui s’intéressent à ça, plus nous. On a justement cette indépendance de dire : tel groupe nous a proposé de sortir son album, et si on a 1500 ou 2000 € pour lui, le mois prochain on le sort. A ce niveau-là on a une totale liberté.  

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radada 12/09/2006 12:31

que du bon !

HK2F 19/05/2006 15:25

Beuarf, j'ai cru que je finirai jamais. Le pac y est passé. Maintenant faut descendre faire les courses avant d'écouter les MP3

Systool 11/05/2006 10:48

Hola! Le chanteur c'est un vrai punk avec une vraie crête!!! ;-)

A+

SysTooL