Fièvre Jaune

Publié le par NoWay

à l’Est ça pète les plombs !




Parmi la production cinématographique trop souvent platement décevante des dernières années, dominée par des films de genre surclipés ou du sentimentalisme moral convenu, nombre des diamants les plus acérés discernables dans le lot viennent sans aucun doute de l’Orient extrême.

Cap à l’Est ! C’est dit.




A côté de valeurs désormais reconnues comme le japonais
Kitano (panoramique complet dans un futur KrashWar) ou le hong-kongais Wong Kar Wai (Nos années sauvages, In the mood for love, 2046), d’autres auteurs moins diffusés commencent peu à peu à arriver. C’est le cas d’abord de Kim Ki-Duk, incroyable et éclectique metteur en scène Sud-Coréen, scénariste de tous ses films et acteur à ses heures, et réalisateur de pas moins de 10 films depuis 1996. Tous n’ont pas été encore été vus, et certains sont toujours indisponibles en Occident, mais on se permet ici de signaler quelques joyaux, mêlant beauté plastique à couper le souffle et trash émotionnel surpuissant, univers vaste et spécifique digne des grands créateurs du cinéma mondial. Les 4 petites perles vues pour l’instant du maître :

- L’île (2000) avec Suh Jung, Kim Yoo-suk, Park Sung-hee, Jo Jae-hyeon et Jans Hang-seon. Dur et splendide.

- The Coast Guard (2002) avec Jang Dong-gun, Kim Jeong-hak, Yu Hae-je, Park Ji-ah… Un soldat sud-coréen vrille totalement et entraîne une base entière dans la paranoïa et la folie. Yeah !

- Printemps, été, automne, hiver… et printemps (2003) avec Oh Yeong-su, Kim Ki-duk, Kim Young-min, Seo Jae-kyeong, Ha Yeo-jin… Film bouddhiste contemplatif, symbolique et magistral. Chef d’œuvre absolu (et je mâche mes mots !).

- Samaria (2004) avec Kwak Ji-min, Seo Min-jeong, Lee Eol…

 

Dans un style totalement différent, on ne peut aussi que recommander à ceux qui ont le cœur et les tripes bien accrochées la radicalement violente trilogie sur la vengeance du sud-coréen Park Chan-wook, dont seul le 2ème , Old Boy, prix spécial du jury de Tarantino à Cannes en 2004, est vraiment connu. Autant dire que c’est le seul que j’ai pu voir, mais je me permets néanmoins de recommander la trilogie en entier (Gusano vantant d’ailleurs aussi les mérites du premier. Donc, la trilogie :

Sympathy for Mr Vengeance (2002) avec Song Kang-ho, Shin Ha-kyun, Bae Du-na…

Old Boy (2003) avec Choi Min-sik, Yeo Ji-tae, Kang Hye-Jeong… L’homme au marteau… Une grosse grosse claque dans ta petite tête !

Lady Vengeance (2005) avec Lee Yeong-ae, Choi Min-sik, Go Su-Hee…

Autre trilogie, mais cette fois dans le domaine du polar mafieux de Hong Kong avec les Infernal Affairs I, II & III de Andrew Lau et Alan Mak, le premier, seul que j’ai pu voir (encore une fois !) est le cœur de l’embrouille, film diabolique, manipulateur et paranoïaque opposant deux balances, l’une de la police, l’autre de la mafia, dans un jeu pervers et mortel. Images splendides, excellent scénario et acteurs irréprochables. Du film policier de balle comme on aimerait en voir plus souvent, d’ailleurs repéré (et encensé) par Martin Scorsese qui compte en faire un remake. Si les numéros 2 et 3, réalisés par la même équipe sont du même tonneau , c’est du tout bon pour les longues nuits d’été. Reste juste à les trouver.

 

Infernal Affairs (2002) avec Andy Lau, Tony Leung Chiu Wai, Anthony Wong, Eric Tsang, Kelly Chen…

Infernal Affairs ll (2003) Prequel du précédent. Le parcours de jeunesse des 2 ‘héros’.

Infernal Affairs lll (2003) 10 mois après le premier. Et c’est reparti !

 

Enfin, pour les amateurs d’art et de pinard au clair de lune, nous ne pouvions manquer d’attirer l’attention de nos éclairés lecteurs sur le film superbe du sud-coréen (encore !) Im Kwon-taek sur la vie du peintre ‘Ohwon’, maître de son art mais aussi homme possédé par l’alcool et le désir, être inspiré mais aussi instable et parfois violent. Ça paraît bateau comme ça, mais c’est joué par l’acteur principal d’Old Boy, Choi Min-sik qui est absolument mortel, et le film en entier est une splendeur et un des plus grands films du cinéma sur l’art et la peinture (avec des œuvres comme Van Gogh de Maurice Pialat avec le grandiose Jacques Dutronc).

Soit : Ivre de femmes et de peinture (2002) de Im Kwon-taek, avec Choi Min-sik, Ahn Sung-ki, You Hon Jeong…

 

By NoWay

 

Publié dans Cinéma

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