rapide bio : UNSANE

Publié le par NoWay

Unsane

Rapide biographie :

Créé en 1988 à New York, Unsane est un trio composé à l'origine de Chris Spencer au chant et à la guitare, de Peter Shore au chant et à la basse, et de Charles Ondras à la batterie. Considéré comme un des tout premiers, voire le premier réel Noise Rock band, la musique d'Unsane se caractérise par un Rock N Roll sauvage et distordu, basé sur des rythmes tribaux obsédants, un mur de son basse et guitare saturé à mort duquel émerge des hurlements écorchés vifs et des bribes de chant expiatoires et instinctifs. Le tout apparaît comme un condensé de violence et de frustration, de haine et de douleur, expression cathartique d'un monde urbain déréglé et fou furieux. Cette attaque sonique est renforcée par des paroles et une imagerie sanglantes et malsaines (couvertures d'album macabres dont la réalisation est assurée par Spencer lui-même et un ami photographe) qui vont ancrer la légende du groupe dans les têtes (après avoir durement gravé les tympans). Après 2 ans à jouer dans un bon nombre de bars et de petites salles des environs de New York, ils sortent en 1991 leur 1er album éponyme qui tente d'incarner sur disque l'intensité et la furie live du groupe, le tout cadencé par le style bien particulier d'Ondras derrière les fûts. L'année 92 est un coup de tonnerre pour le groupe. Alors que leur popularité dans le milieu alternatif commence à croître, leur batteur décède d'une overdose, laissant le groupe orphelin et choqué.

Mais rien n’arrête la machine Unsane, et c’est Vinnie Signorelli, ancien membre de Swans et Fœtus qui prend les baguettes et complète le trio. 1993 voit la sortie de leur second album, le bien nommé Total Destruction, suivi peu après de sessions de 91 et 92 enregistrées pour la fameuse émission de John Peel. Ils ont alors déjà un nombre assez impressionnant de EP et de performances live derrière eux. Mais 94 marque un nouveau tournant, puisque c’est maintenant Peter Shore, le bassiste, qui quitte le groupe. Chris Spencer, leader et tête pensante d’Unsane, est maintenant le dernier rescapé de la formation d’origine. Lui et Signorelli sont rapidement rejoints par Dave Curran cette même année, pour constituer ce qui reste jusqu’à ce jour le line up désormais inchangé du gang. Ils poursuivent donc leurs travaux et enregistrent l’année suivante Scattered, Smothered and Covered chez Amphetamine Reptile, mythique label de la noise américaine, qui marque une certaine évolution vers un son plus contrôlé et un peu moins furieux que les 2 premiers, tout en conservant l’intensité et la sauvagerie caractéristique du groupe. Unsane est maintenant un groupe reconnu, un des fers de lance exemplaire du rock bruitiste américain, et ils tournent dans le monde entier, comme en témoignent l’excellent bootleg Attack In Japan de 1996 et le plus officiel Live at the Turf Club de St Paul, organisé à Noël par le label AmRep avec quelques autres groupes. Le grand public commence même à en entendre parler, par l’intermédiaire du clip de leur titre Scrape, constitué d’une successions de vautres mémorables de skaters, en général filmés par leur potes, et qui ont été envoyés au groupe. MTV le passe en rotation intensive pendant près de 3 mois, créant une publicité aussi improbable qu’inattendue pour le gang New Yorkais.  Le 4ème album, toujours radical, sale et méchant, s’intitule Occupational Hazard et sort en 1998 sur le label Relapse, sur lequel Unsane a signé et auquel ils vont rester fidèles. Le groupe est alors à son sommet, respectés pour leur musique, qui inspire un pan entier du Rock noise, comme pour leur attitude et leur intégrité, rien ne semblant pouvoir dévier le power trio de sa route.

C’est pourtant bien ce qui manque arriver cette même année, lors d’une tournée promo peu avant la sortie de l’album, à Vienne, où Chris Spencer est sauvagement agressé, tabassé et laissé pour mort dans les rues de la ville. Il va mettre quelques mois à s’en remettre, mais Unsane va néanmoins passer ensuite presque 3 ans en tournées et concerts incessants dans le monde entier. Décidé à faire un break, le groupe se sépare en 2001, à la grande inquiétude de nombre de leurs fans, d’autant que c’est le silence total pendant 2 ans. Enfin, miracle, en 2003 sort la compilation Lambhouse, recueil d’une vingtaine de leurs ‘tubes’ des 4 premiers albums, et doublée d’un DVD de live de 1992 à 2003. Le groupe célèbre en effet sa reformation par quelques concerts, toujours aussi virulents, cette même année, puis commence à travailler sur un nouvel album qui sortira finalement en 2005, Blood Run, qui sans vraiment dévier de la ligne de la bande est peut-être parfois plus lent et moins hargneux, commençant sur certains morceaux à s’approcher d’un blues urbain lourd et cradingue, évolution qui ne diminue en rien l’intérêt de ce groupe exemplaire.

 

Discographie sélective :

Unsane :

- Unsane s/t (Matador Records, 1991) : 1er album ultra-agressif et sauvage. Culte !

Singles 89-92 (Matador Rcds, 1992) : Compilation de tous les premiers 7’’ et EP sortis par le groupe à leurs tout débuts, avec Ondras à la batterie. Ça arrache sec.

Total Destruction (Matador Rcds, 1993) : 2ème LP du gang New Yorkais, après la mort de leur premier batteur. Un petit peu plus organisé que le premier mais toujours radical, malsain et jouissif, avec le Vinnie style à la rythmique. Pour certains, leur meilleur album, plein de bruit et de fureur.

Peel Sessions (Matador Rcds, 1994) : Sessions jamais entendues chez la légende R’N’R de la radio anglaise John Peel (RIP). Ça promet.

 

Scattered, Smothered and Covered (Amphetamine Reptile, 1995) : Album de la consécration sur un label mythique de la noise américaine. Leurs morceaux sont plus construits, le son est un peu moins trash que sur les 2 premiers, mais ça reste de l’excellent Unsane avec quelques tubes monstrueux.

Attack In Japan (Rebel, 1996) : Bootleg assez rare et paraît-il excellent, avec un bon son et qui restitue bien la puissance brute du combo en live. C’est ce que nous dit Gwendal de K-Fuel, et on le croit direct, sur parole !

Amrep Christmas – Live at the Turf Club, St Paul, MN (AmRep, 1996) : Extrait d’un concert de Noël donné pour leur label. De très bons titres, mais pas vraiment indispensable.

Occupationnal Hazard (Relapse, 1998) : Après avoir signé sur le label - alors jeune – des psychopathes (y viennent Neurosis, Today Is The Day, Dillinger Escape Plan…), le groupe nous gratifie d’un album dans la lignée du précédent, c'est-à-dire fondamentalement très bon, avec quelques véritables bombes soniques qui vous restent vissées dans le crâne. De l’usage du son comme terrorisme urbain.

Lambhouse (Relapse, 2003) : Double compilation CD/DVD avec une vingtaine de morceaux pour chaque, et le tout pour le prix d’un album (c’est rare !) qui marque le grand retour d’Unsane après 5 ans de silence discographique. Une collection des pires morceaux de leurs 4 premiers albums, en CD, et des extraits de live allant de 1992 (avec Charles Ondras) à 2003 (concerts pour la reformation du gang) qui, si le son n’est pas toujours excellent, permettent d’apprécier le groupe dans son véritable élément : le live. Excellent achat plein de disto jusqu’à la gueule, pour les novices comme pour les fans du groupe. Yeah !

Blood Run (Relapse, 2005) : Parfois un peu moins à l’arrache que les précédents, le dernier opus de la bande à Spencer reste un disque passionnant, avec des tracks s’apparentant presque à du blues urbain déchiré et distordu, qui augure peut-être de nouveaux territoires d’exploration pour le trio, et d’autres dans le plus pur style radical d’Unsane. 15 ans après, on adhère toujours !

 

by NoWay

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Publié dans Musik

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