L'’espionnage n'est plus...

Publié le par NoWay

L’espionnage

n’est plus ce qu’il était…

Rien compris au monde moderne ? Obsédé par les complots du siècle ? Fasciné par la C.I.A. et le (ex ?) K.G.B. ? Besoin d’infos bien trashs et de pavés de l’été ?

Robert Littell est là pour vous ! Spécialiste de la guerre froide et de l’espionnage, ancien journaliste à Newsweek très spécialement bien informé, cet américain maintenant émigré en France (pour sa sécurité peut-être ?) nous pond depuis 30 ans des polars d’espionnage en général assez caustiques, fortement inspirés d’embrouilles réelles, qui mettent en lumière l’absence définitive de scrupule et le cynisme absolu des services de renseignement de notre monde civilisé (?), de l’Est, de l’Ouest, et de partout ailleurs.

On le savait d’avance direz-vous ! OK, mais c’est ici mis en scène avec un art consommé, un réel style, et un pacson de détails croustillants en provenance directe des meilleurs sources (témoignages écrits ou oraux des multiples agents opérant dans ces services et poussés à la retraite ces dix dernières années), le tout avec un sens de l’humour assez british qui suscite un rire jaune… et un vague frisson dans le dos. Comme il le disait lui-même, interviewé il y a quelques mois, concernant tout événement important de la politique internationale, imaginez le complot le plus retors et le plus tordu qui pourrait permettre de l’expliquer, et vous êtes en général largement au-dessous de la réalité !...

Souriez, on s’occupe de vous !

Son œuvre majeure, bon gros bouquin de près de 800 pages idéal pour les nuits d’insomniaques s’intitule La Compagnie, sous-titré Le grand roman de la C.I.A., 40 ans d’histoire de l’Intelligence Agency américaine de la seconde guerre mondiale au début des années 90. Bardé de noms, de personnages et d’infos bien réelles, c’est une plongée hallucinante dans les coups fourrés de la guerre froide, de l’espionnage et du contre-espionnage qui se dévore d’une traite. Sujet passionnant, écriture au cordeau et suspens permanent. Un régal de fiction et un coup d’œil lucide sur ce qui peut se tramer en coulisse.

Attention, contrairement à ce que certains pourraient croire, ce livre est un roman, c’est écrit sur la couverture ! Toute ressemblance avec des situations ou personnages existant ou ayant existé est évidemment le fruit du hasard le plus insidieux. Qu’on se le dise !

Le reste de son œuvre, d’ailleurs assez fournie, est globalement d’excellente qualité, monsieur Littell étant un véritable styliste, efficace et tranchant, chose assez rare dans le monde des livres d’espionnage (non, non, nous ne visons personne !). Voici une petite liste de quelques uns des meilleurs parmi ceux que j’ai pu lire (ce qui est loin d’être la totalité) : Coup de barre (un ramassis de marins incompétents en virée sur un rafiot de guerre américain bardé d’armement et prêt à couler… Puissant !) 10/18 1970, Le transfuge 10/18 1973, Le Cercle d’Octobre (bien déchirant), Mère Russie (dérive gravissime en Russie communiste…) 10/18 1978, L’Amateur 10/18 1981, Ombres Rouges (amours impossibles entre l’Est et l’Ouest), La Compagnie :Le grand roman de la C.I.A. Buchet/Chastel 2002. Le dernier, Légendes, sorti l’année dernière n’a pas encore été décrypté par nos services. A tester donc. A noter tout de même qu’un des livres de Littell, Le sphinx de Sibérie, est complètement loupé et est donc à éviter d’urgence. Il faut le savoir.

Pour compléter tout ça, et là ce n’est plus du roman, on recommande vivement le bouquin de Robert Baer, La chute de la C.I.A. (Folio Poche, 2002). Ecrit par un ancien agent démissionnaire ayant travaillé près de 20 ans au Moyen-Orient, il témoigne de ses opérations sur le terrain, explique ce qu’il connaît de l’embrouillamini politique de cette région clé et tente de démêler l’écheveau des influences politiques et terroristes, locales ou externes dans cette partie du monde. C’est aussi un réquisitoire sans pitié sur la récente transformation de la C.I.A. en un organisme bureaucratique presque dénué de véritables hommes de terrain, et donc en large perte d’efficacité… Modernité, quand tu nous tiens !

A côté, pas encore lu, mais ça s’annonce plutôt bien, toujours sur le même thème, le livre de Larry J. Kolb, OVERWORLD Confessions d’un espion malgré lui (Albin Michel, 2005), témoignage légèrement romancé et apparemment assez hallucinant sur les coulisses des pouvoirs actuels et le monde des renseignements. A mon avis, ça vaut son pesant de cacahuètes en plutonium !  

By NoWay

 

Publié dans livres

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Youkou :0121: 13/02/2007 08:57

bin !! chez moi le visuel est parfait !

dawi 24/01/2007 18:37

impossible de voir tes images

Laurence 24/01/2007 13:13

Je reviendrai quand ça marchera bien...