Streamer // Fantazio

Publié le par DamnAss/Glavio

STREAMER

2006 - 09 - (29-30)

au Jardin Moderne

 
Première fois que je vois des bancs dans la salle de concert du Jardin. Arrivé in-extremis je m'installe le long du mur armé de mon appareil photo (enfin... celui de Mme Honk) et commence directement le concert. Les musiciens dans l'ombre, vêtus d'une chemise rouge et d'un pantalon noir ; sur le double écran un texte qui défile :

"Streamer, c'est l'histoire des choix,  du choix. L'avoir ou pas. Le subir ou le faire subir. Et puis mentir,  se mentir sur nos choix, sur ceux qui décident pour nous, et qui aussi nous mentent...

Les choix qu'on n'a pas su, pas pu,  ou pas voulu faire. Les choix qu'on prétend ne pas avoir,  alors que...

En toile de fond, le 6 juin 1944. Pour tous, le début de la libération de l'Europe. Mais pour nous, c'est aussi l'assassinat de mon grand-père, résistant, membre du réseau Alliance. Il avait choisi.  Pas sa famille, pas mon père alors âgé de 6 ans. Il fut probablement dénoncé par des collaborateurs (vous savez, les bons français de l'époque. Suis je un bon français aujourd'hui?). Arrêté et interrogé(...) pendant un mois par la Gestapo française -eux aussi avaient choisi- , il fut massacré avec 70 autres prisonniers par les allemands, pour rien, juste pour faire encore du mal, aussi longtemps que possible : un choix, toujours. Mais je ne veux pas vous parler de cette période avec son cortège de clichés désormais bien astiqués, ses multiples mémoriaux-Disneyland, et cette mascarade des bons et des méchants.

Entre 1940 et 1945, on pense qu'environ 1% de la population a réellement collaboré, et que 1% a vraiment résisté. C'est à dire qu'ils se sont battus. Les autres, ils ont fait face, plus ou moins bien: qu'on soit citadin ou campagnard, courageux ou lâche, responsable ou exalté, c'est toute la donne qui change. Avoir faim ou pas. Peur ou pas. Des enfants ou pas. Etre ici ou là. C'est autre chose que  des statistiques. Les mêmes choix n'ont alors plus du tout la même valeur.

Non, à la réflexion, et comme ce fut  le cas, par exemple dans toutes ces années d'avant guerre (1936, au hasard...), collaborer, ou résister, c'est vivre aujourd'hui, ici.

En 44, un "Streamer" était un parachutiste dont la toile était en torche. Un joli serpentin, et un futur cadavre au bout.

Streamer, c'est tout ce qu'on passe son temps à mettre à la porte, et qui revient par la fenêtre. Juste un miroir, et le silence derrière."

Régis Boulard, Jean-Michel Blécon, Laurent Dahyot, Pierre Fablet, Stéphane Fromentin, Le Lièvre de Mars, Laetitia Sheriff, Patrick Suchet, Jean-François Vrod.

 

La musique intimiste et en grande partie improvisée (basée sur un principe de construction émotive) a laissé les gens dans un perplexe état second. L'intensité du sujet n'y était point étrangère, tout comme l'émotion à fleur de peau des musiciens (sans oublier les images du Lièvre et de Taprick). Standing ovation pour finir... Je n'en dirais pas plus, si ce n'est qu'à l'occasion il faudra  voir cette pièce.

 

Un aperçu ( même si ce n'est pas avec les mêmes musiciens) avec le CD :

SIGNATURE

[sig11031]

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Régis Boulard

(France Musiques)

By Glavio

 

 

Rapid Report :

FANTAZIO & DAAU

à L'Antipode

2006-10-05

 

"Giving' me the key for a new therapy Made of love,

poison kisses and extazy?"

 

Qui n'a pas vu Fantazio dans un squat parisien, une cage d'escalier, une prairie ardéchoise ou plus tristement dans une  salle rennaise?

 Fantazio et sa " caravane " endiablent angéliquement les scènes depuis quelques temps. Lui, contrebassiste de l'endurance et chanteur fou est accompagné de quatre pluri-musiciens jouant de la trompinette au clavier en passant par les percussions et le soubassophone. Leur musique populaire se balance dans des rythmes jazzy franchouillards, leur humanisme transpire la chaleur musicale des pays de l'est, sans oublier les sons noises du rock punk garage d'il y a 30 ans. Porté par le milieu underground et les squats artistiques, le groupe traverse le pays à raison de trois à quatre concerts par semaine. Alors finie pour toi la french touch pipi, monte dans la caravane éléfantazio et crie " et la pop ta mère...qu'elle crève donc aussi". 

By DamnAss,

jusqu'à la fin des haricots.

On m'avait dit que Fantazio était une bête de scène, je me demandais si ils allaient le mettre en cage, par contre je ne m'attendais pas à le voir monter sur scène, la contrebasse crânement posée sur l'épaule et nu comme un ver. Pendant que Benjamin "l'homme aux jouets pour adultes" sortait le premier de ses joujoux, une paire de cymbales à la taille enfantine.

Comme je l'appris par la suite, en théorie, ils sont censés être cinq sur scène, alors que pour l'occasion, le pauvre Ben courait de droite et de gauche armé de ses instruments (mini guitare, diverses percussions, des micros, des fils (?)...). Manquaient les 2 cuivres et le batteur.

Une fois le premier morceau fini, et le costard endossé, c'était parti pour une bonne heure de musique largement teintée de poésie et de surréalisme. Explorant  le blues comme Captain Beefheart ne le renierait pas, Fantazio dans sa douce bulle bouleversant les conventions raconte ses états d'âmes de sa voix tantôt chaude, aigüe, rocailleuse ou enfantine continuellement balancée de ses improbables riffs de contrebasse (pauvre instrument d'ailleurs, particulièrement malmené, qui continuait vaillamment de sonner malgré les coups).

Quand je parle de blues, je parle bien évidemment d'un état d'esprit, et pas d'une case ou les pontes de la "pop ta mère" envisageraient de faire monter l'indice au gré des hormones d'un public préformaté. Le voyage de Fantazio est permanent, teinté des couleurs du monde qui entoure son âme malmenée. Et si sur l'album "The Sweet Little Mother Fuckin'Show" les spécialistes pourraient identifier des langues (français, anglais, espagnol, italien?) et les influences aussi bien jazz, rap, tango, punk ou je ne sais quoi encore... la musique de Fantazio est plus une question qu'une réponse.

Quoiqu'il arrive le concert fut trop court, et tout comme Miss Day Blind ou Mr Alphagraph j'aurais préféré qu'il continue de jouer plutôt que de finir lâchement par une vidéo, qui aurait pu certes me faire plaisir dans mon salon mais qui sur le coup m'a laissé un goût amer. Surtout pour laisser la place à DAAU, groupe qui pour moi (et malgré la rumeur) était particulièrement médiocre et sur lequel je préfère ne pas étaler mon fiel plus avant.

Album : The Sweet Little Mother Fuckin'Show

(19 titres, dont un caché)

Autoprod.

Site : http://www.fantazio.org

By Glavio.

 

Publié dans Musik

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Hé!...milien 03/04/2008 15:13

Fantazio le 4 Avril 2008 au Carré, scène nationale de Château-Gontier.

Ben Sixteen 02/04/2007 15:44

Fantazio au Fuzz'Yon à La Roche sur Yon avec Loïc Lantoine le 26 avril...