MINISTRY : Biographie et Discographie sélective

Publié le par NoWay

MINISTRY

Biographie du groupe

 

Ministry naît en 1981 à Chicago et est à l'origine le projet d'un seul homme : Alain (alias Allen, Al, Alien) Jourgensen, né en 1958 à Cuba, qui grandit aux Etats-Unis, puis arrive à Chicago pour ses études. Après un rapide passage dans le groupe glam-rock Special Affect entre 1979 et 1980, il crée l'année suivante, après s'être lié d'amitié avec les fondateurs de la boutique Wax Tracks, Ministry, son propre projet, dans lequel il assure à l'origine textes, compositions, claviers et la majorité des vocaux et où il est associé pour les débuts avec le batteur Stephen George. Après le premier single Cold Life, sorti sur le tout nouveau (et bientôt mythique) label Wax Tracks! Records, Ministry signe sur Arista et sort en 1983 son premier album intitulé With Sympathy (renommé Work For Love en Europe). 

Le groupe produit alors de l'électro-pop new-wave à base de synthétiseurs dans l'esprit de Human League ou Depeche Mode, même si un certain caractère dark et gothique est présent sur certains titres dès ce premier disque, que Jourgensen reniera d'ailleurs totalement quelques années plus tard (le qualifiant de " Complete abortion and total piece of corporate shit "), déclarant que la direction artistique lui en avait été retirée au profit des producteurs. De nombreux musiciens vont collaborer avec Al durant cette première partie des années 80 qui verra la sortie d'un certain nombre de singles, pour la plupart calibrés 'musique club'. Jourgensen n'est toutefois pas satisfait du son de son groupe, qu'il va retravailler chez Wax Trax!, lui donnant une orientation plus agressive et inquiétante, particulièrement à partir de 1984 et la tournée avec les pionniers belges de l'électro Front 242. Ce virage sera sensible sur des titres comme Everyday Is Halloween, et de façon encore plus marquée sur l'album qui va suivre en 1986 : Twitch, pour lequel il s'est séparé de son premier batteur. Jourgensen a alors mis sur pied son projet parallèle semi-parodique Revolting Cocks (abrégé RevCo) avec d'autres artistes (dont un membre de Front 242), et a signé sur la major Sire/Warner.

Twitch, deuxième opus du groupe et considéré comme un album de transition, est enregistré avec l'aide d'Adrian Sherwood (créateur du fameux label On-U Sound et personnage incontournable de la scène électro/dub/industrielle des 80's) et de Keith Leblanc (producteur et musicien adepte du sampling et du mélange noise/mélodie), et sort en 1986. Premier disque véritablement remarquable du groupe, c'est un repère de taille dans le monde de l'électro indus des années 80, mélangeant un aspect puissamment groovy avec l'utilisation de rythmiques synthétiques dures et dansantes, et une ambiance sonore incomparablement plus noisy, métallique et inquiétante que leurs tout premiers titres, le tout mêlé à des aspects dub futuriste et à des lyrics froids, cyniques et anti-sociaux à mille lieux des standards de ce genre de musique.


Deux ans plus tard, après l'arrivée dans le groupe de Paul Barker, bassiste, programmeur et compositeur qui deviendra la deuxième tête pensante du gang, du vocaliste Chris Connelly et du remarquable batteur William Rieflin, sort ce qui sera pour beaucoup leur album de référence, Land of Rape And Honey, considéré aussi comme un des disques de base de ce qui sera appelé le rock industriel (ndgroin : avec le 'Let It Be' de Laibach, la même année). Mélange de guitares distordues et abrasives, d'une section rythmique lourde et oppressante, de hurlements et de samples agressifs et étranges provenant notamment du cinéma underground, Land of Rape est un pavé dans la mare qui fera date, alternant des morceaux de speed punk déjantés à de longues plages atmosphériques hypnotiques et inquiétantes, le tout constituant un ensemble massif et cohérent d'attaque sonore et psychologique, et ce malgré l'aspect désormais assez daté de certains sons utilisés. C'est en outre un des premiers exemples de l'union de l'esprit DIY (Do It Yourself) cher au Punk Rock et de l'utilisation massive des dernières technologies électroniques.

L'image de Ministry change alors radicalement, une odeur de souffre et de danger planant maintenant autour du groupe, que les virées orgiaques de Jourgensen, héroïnomane notoire et membre de la hype junkie de Chicago (avec des gens comme William S. Burroughs, Timothy Leary, River Phoenix et d'autres) ne feront qu'aggraver, lui-même entretenant  volontiers cette réputation de Bad Boy incontrôlable et ravagé du rock'n'roll alternatif.

    L'année suivante enfonce le clou avec la sortie (très attendue) de leur 4ème album, le très sombre The Mind Is A Terrible Thing To Taste, qui poursuit le sillon tracé en accentuant encore le côté guitare et R'n'R et en jouant sur des morceaux au son encore plus froid et violent, aux textes et aux références explicitement extrêmes (tortures, folie, serial killing, éco-destruction). Ministry est alors devenu un groupe culte aux US, ce qu'ils vont démontrer leur de leur tournée nord-américaine 89-90, réinventant le concept de super-groupe en alignant sur scène 2 batteurs (un sur batterie normale, un sur une synthétique), 3 guitaristes, 1 bassiste et divers guests aux claviers et aux micros (dont l'excellent chanteur Nivek Ogre, lui aussi adepte du fixing et devenu ami de Jourgensen, Ian McKaye de Minor Threat et Fugazzi ou encore la légende de l'alternatif américain Jello Biafra, l'ex-chanteur et leader des Dead Kennedys), le tout enclos par des grilles qui les séparent du public, et accompagné de la projection sur écran géant derrière eux d'images de propagande et d'extraits de snuff movies assez trash. L'impact est énorme, et le rendu tel qu'on peut l'observer sur la vidéo du concert enregistré à Chicago intitulé In Case You Didn't Feel Like Showing Up est à mille lieux de la routine d'un  concert Rock'n'Roll tel qu'on l'entend habituellement, ici remplacée par une orgie de violence visuelle et sonore qu'on ne saurait de long temps oublier.

Ministry est désormais une légende de la musique radicale indépendante et va pendant cette fin des années 80 lancer un nombre impressionnant de projets parallèles avec d'autres artistes du milieu. Parmi les plus importants signalons les Revolting Cocks, composés du groupe rejoint par le chanteur belge Luc Van Acker et Richard 23 de Front 242 (entre autres), Lard avec Jello Biafra, et Pailhead accompagné de Ian McKaye). Parallèlement, Paul Barker et Jourgensen travaillent en solo sur d'autres projets, notamment pour ce dernier sur l'album Rabbies de Skinny Puppy, groupe canadien de son ami Nivek Ogre, dont il produit certains morceaux et pour lequel il exécutera aussi des parties de guitare.

Cette overdose d'activité délaye la sortie du prochain album, qui ne verra le jour qu'en 1992 et sera le plus grand succès public du groupe, et pour de nombreux fans leur album ultime. Intitulé Psalm 69 : The Way To Succeed And The Way To Suck Eggs (titre tiré du Book of Lies d'Aleister Crowley), il peut être considéré plus que les deux précédents comme un véritable album de thrash metal industriel, certes ponctué de samples et d'effets synthétiques, mais principalement axé sur les riffs de guitare de Jourgensen et de ses deux nouveaux acolytes, Mike Scaccia (de Rigor Mortis) et Louis Svitek. Le son est le plus lourd et le plus corrosif qu'ils aient obtenu pour l'instant, et c'est pourtant ce disque qui va leur amener un réel succès populaire et commercial au-delà du monde de l'underground, notamment avec le single Jesus Built My Hotrod écrit et chanté en collaboration avec Gibby Haines des Butthole Surfers, dont le clip fut un des hits de l'année 1991 sur MTV, puis avec N.W.O. (dénonciation au vitriol de la première guerre d'Irak de George W. Senior), et finalement Just One Fix (hymne à l'héroïne écrit en collaboration avec l'écrivain culte William S. Burroughs). Ministry est maintenant un groupe reconnu de la scène rock américaine et des médias, statut encore renforcé par leur présence en tête d'affiche de la tournée Lollapalooza 1992.

C'est alors que le groupe est à son apogée qu'une série de problèmes avec la drogue et la justice (dont une arrestation de Jourgensen pour possession d'héroïne) va le plonger dans la tourmente, l'empêchant de s'installer dans son nouveau studio au Texas (construit dans un ancien bordel) et perturbant sérieusement la composition et la réalisation de leur prochain disque, Filth Pig, qui ne sortira finalement qu'en 1996. Cet album, très différent des 3 précédents, sera mal reçu par la majorité des fans et des critiques. Al Jourgensen en effet, apparemment lassé de poursuivre encore dans leur veine musicale précédente et désireux d'imposer une fois pour toute Ministry comme un Rock band décide de réduire de façon drastique l'usage des synthétiseurs et samplers au profit de guitares noise ou thrash, de basses lourdes, et de parties rythmiques jouées dès l'enregistrement studio par un vrai batteur. La majorité des titres est en outre composé sur un tempo beaucoup plus lent et lourd que celui des morceaux speed métal des albums précédents. Personne ne semble s'y retrouver, et même si Jourgensen continue d'affirmer que c'est pour lui un des meilleurs albums du groupe, celui-ci est indéniablement un échec commercial. Une importante tournée, le 'Sphinctour', va néanmoins le suivre, qui sera enregistrée et filmée, puis sortira en disque et DVD en 2002.

 

Le désastre est total lorsqu'en 1999, alors que le groupe est au plus bas, William Tucker, guitariste et membre du groupe fin 80's-début 90's, se suicide en se tranchant la gorge, créant un sérieux malaise chez les membres restants. Ils enregistrent peu après leur dernier album studio pour Warner, Dark Side Of The Spoon, qui lui sera dédié. Changeant encore une fois d'orientation, ils tentent d'ajouter un aspect plus mélodique et de nouvelles sonorités synthétiques (plus proches de leur début) à l'électro-métal qui a fait leur réputation, mais là encore, le disque est mal reçu. Jourgensen lui-même avoue mal se rappeler de son enregistrement tellement il était à cette époque plongé dans la drogue et l'addiction. Le single Bad Blood connaîtra néanmoins un certain succès et sera nominé pour les Grammy Awards 2000, le groupe enregistrant ensuite un autre titre, What About Us ? pour la B.O. du film de Steven Spielberg, A.I. : Artificial Intelligence, dans lequel ils feront une petite apparition, réalisant le souhait originel de Stanley Kubrick, qui devait à l'origine mettre en scène ce projet. Jourgensen avouera ensuite que c'est ce featuring du groupe qui l'empêcha à ce moment-là de splitter définitivement.

Les années qui suivent sont encore des temps de trouble, avec diverses batailles juridiques avec Warner, consécutives à leur divorce avec leur ancien label, et qui mèneront à l'annulation de la sortie prévue des trois albums live (pourtant effectivement compilés) Live Psalm 69, Sphinctour et ClittourUs sur le label Ipeca Recordings, seul le deuxième voyant finalement le jour sur Sanctuary Records.

Il semble aussi (d'après Jourgensen toujours) que ce soit à la même époque, vers 2001, qu'il ait rompu son addiction à l'héroïne, après avoir manqué perdre un bras (voire la vie) suite à la piqûre d'une araignée venimeuse (!!?). Il se refocalise donc sur la musique et passe les 2 années suivantes à travailler avec Barker sur le premier album à voir le jour sur leur nouveau label Sanctuary Records : Animositisomina, qui sortira en 2003. Le but est de revenir à une musique abrasive et féroce dans l'esprit de Psalm 69, avec guitares thrashy et voix noyées d'effet. La tentative est méritoire, mais le disque manque d'inspiration et est loin d'avoir l'élan et la puissance de son illustre prédécesseur. Encore une fois, le public boude.

2003 marque aussi un tournant majeur dans l'histoire du groupe avec le départ après la tournée d'été européenne de Paul Barker, alter ego créatif de Jourgensen et 2ème compositeur principal depuis 1986, celui-ci affirmant vouloir changer radicalement de mode de vie et se préoccuper désormais avant tout de sa vie de famille. Ce qui peut largement se comprendre quand on vient de passer plus de 15 ans de chaos et d'instabilité dans un groupe de psychopathes comme Ministry. Jourgensen décide néanmoins de poursuivre le projet envers et contre tout, soutenu par Mike Scaccia, guitariste présent depuis 1989, et accompagné de nouveaux musiciens.

L'album qui suit sera délibérément ultra-politique, prenant la forme d'un brûlot anti-Bush, que Jourgensen considère maintenant comme un ennemi personnel, le single le précédent étant un revisitage de N.W.O. modifié et réintitulé No W.  Houses of The Molé, sorti en 2004, est donc une attaque frontale massive et brutale contre le président républicain, et qui, au niveau musical, revient au Punk métal assaisonné de samples crus et violents qui était la marque de fabrique du groupe quelques 10 ans auparavant. De nombreux fans et une partie de la critique y voient la renaissance du gang, revivifié et de nouveau saignant, même si l'album est par certains aspects assez simpliste et répétitif. L'engagement politique de Jourgensen ne se limite d'ailleurs pas aux textes et à la musique, puisqu'un des titres (No W justement) figure en version alternative sur la compilation multi-groupes Rock Against Bush, Vol 1, et que le groupe s'associe durant sa tournée 'Evil Doer Tour' de 2004 aux mouvements PunkVoter et Music For America pour encourager les jeunes à s'inscrire sur les listes et à voter aux prochaines élections présidentielles.

C'est pourtant bien l'ennemi W qui raffle de nouveau la mise.

Jourgensen remet donc le couvert en sortant en 2006 sur son propre label, 13th Planet Records, créé deux ans auparavant, la deuxième partie de ce qu'il annonce comme sa trilogie anti-W, Rio Grande Blood, qui enfonce le clou, la pochette figurant Bush comme une sorte d'Antéchrist, prophète grotesque de mort et de destruction. Restant dans la même lignée musicale que le précédent, le disque est néanmoins plus abouti, plus varié et encore plus violent que Houses of The Molé, le leader ayant su s'entourer d'une armada impressionnante de poids lourds de la musique rock industrielle, avec deux membres de Prong, le bassiste de Killing Joke, un ancien clavier de Fear Factory, et l'inusable Mike Scaccia, accompagnés pour la tournée 'MasturbaTOUR' par le batteur de Sleepknot. Le résultat, notamment en live, est assez dévastateur.

 

Tout ce beau monde devrait d'ailleurs se retrouver d'ici un à deux ans pour ce que Jourgensen a déclaré être le chant du cygne de Ministry, son attaque finale contre la Bush administration, un album dont on sait par avance que le nom sera The Last Sucker, et qui sera suivi d'une tournée d'adieu (qui devrait être énorme) des mastodontes américains. Alien Jourgensen a d'ailleurs déclaré qu'il ne lui restait plus au niveau musical que deux album à faire, celui précité et un dernier Lard avec Jello Biafra, avant qu'il ne se tourne vers d'autres activités, son label 13th Planet Records en premier lieu, puis possiblement l'enseignement de l'Histoire à l'université, domaine qu'il étudie depuis maintenant une quinzaine d'années?

Hard but true !!!

 

Discographie sélective du groupe

 

Albums :

 

- With Sympathy (Arista, 1983) : Intitulé Work For Love en Europe, ce 9 titres bâtard a ensuite été totalement renié par Jourgensen, qui affirme en avoir perdu le contrôle artistique par la faute des producteurs. En l'état, un album passable (pour certains atroce) d'électro-pop synthétique du début des années 80 avec à de (rares) moments quelques touches plus inquiétantes qui pourraient annoncer ce qu'est réellement le groupe.

 

- Twitch (Sire Records, 1986 / Warner Bros, 1990) : 2ème album et premier disque véritablement important de la discographie du groupe, Twitch, sorti en 1986 et produit par Adrian Sherwood, est un étonnant mélange de kicks synthétiques et de mélodies parfois assez dansantes, d'une ambiance globalement dark et oppressante, et de passages noise et durs assez inhabituels à l'époque pour ce genre de musique. L'intrusion du gothique et de l'indus sur les dance floor et dans les clubs. Au total, un disque assez passionnant qui se savoure encore avec plaisir aujourd'hui. A noter que le disque fut réédité par Warner en CD en 1990 avec deux titres additionnels dont l'excellent Isle of Man (Version II). Qu'on se le dise !

 

- Twelve Inch Singles 1981-1984 (Wax Trax! Records, 1987) : Compilation sur ce label mythique de l'électro de 4 vieux singles de Ministry, avec 4 titres originaux et 4 remixes. Ce sont les tout débuts du groupe, encore assez groove voire funky par moments, mais avec de très bons passages (dans le genre) et une touche de froideur et une dureté qui les rend plutôt intéressants. Etonnamment nettement meilleur que l'album de 1983 (qui ne ressemble vraiment à rien !).

 

- The Land Of Rape And Honey (Sire Records / Warner Bros, 1988) : Premier album du duo Jourgensen/Barker, et donc du Ministry tel qu'on l'entend en général, avec mélange de métal, de noise, d'électro dure et de samples agressifs. Véritable chef d'?uvre de l'électro indus (le côté Rock'n'Roll n'étant réellement présent que sur les 2 premiers titres dévastateurs du disque). Alternance de violence aveugle  (Destruction) et de calme post apocalyptique (Golden Dawn), c'est aussi le disque sur le quel figure ce qui deviendra un des titres références du groupe, l'imparable Stigmata. Immanquable !

 

A noter que la version CD comprend 2 morceaux de plus que le LP vinyle, dont l'excellent (et controversé) Hizbollah. Check it !

 

- The Mind Is A Terrible Thing To Taste (Sire Records / Warner Bros, 1989) : Ministry enfonce le clou de The Land avec ce disque encore plus marqué métal, et combinant sons de synthèse, instruments joués, samples et voix dans un alliage glacial, splendide et futuriste. Tous les morceaux sont indispensables, certains étant parmi les meilleurs du groupe (So What, Thieves, Cannibal Song, Burning Inside) et la production sonore est exceptionnelle. ?uvre définitivement majeure. Le meilleur disque du groupe selon moi. A noter (comme d'hab) que le planant Dream Song, 9ème et dernier morceau de l'album, n'est disponible que sur la version CD.

- Psalm 69 : The Way To Succeed And The Way To Suck Eggs (Sire Records / Warner Bros, 1992) : L'album qui a fait connaître le groupe au grand public, leur plus grand succès commercial, et pour de nombreux fans leur meilleur disque. Ministry rentre ici directement dans ce qu'on pourrait appeler du speed métal industriel, accentuant largement l'influence des guitares et donnant au groupe un son thrash et Rock'n'Roll plus qu'électro, même si samples et effets électroniques sont toujours présents. C'est sans doute le disque le plus abrasif et virulent du groupe, et parallèlement le plus tubesque, avec des hits tels que N.W.O., Just One Fix et le totalement déconnecté Jesus Built My Hotrod, qui alternent avec des titres plus lents et sombres à l'ambiance mystique de fin du monde, comme Psalm 69 ou Grace. Définitivement un très grand disque, même si je préfère le précédent, plus froid et métallique.

 - Filth Pig (Warner Bros, 1996) : Album très longuement attendu, et qui a beaucoup déçu, de nombreux fans considérant qu'il marque le début de la fin. Jourgensen décide sur ce disque de réduire tout ce qui est machines et électronique pour se concentrer sur du Rock métal noise, lourd et obsédant. De nombreux titres, avec un son assez énorme, correspondent en effet à cette définition et sont pour la plupart plus pesants que prenants. Néanmoins, les 3 singles tirés de l'album sortent de ce carcan et relèvent le niveau de l'ensemble, avec le mélodico-dépressif The Fall (à mon goût très valable), le surspeed et surviolent Reload (concentré pur de haine) et l'étonnante reprise distordue du Lay Lady Lay de Bob Dylan, tube country pop décalé et assez délirant. Au milieu, les autres tracks souffrent d'un certain surpoids mais certains sont puissants. Un album inégal, mais loin d'être nul, revu postérieurement (?!).

 

- Dark Side Of The Spoon (Warner Bros, 1999) : L'album d'un groupe sans pilote tentant de retrouver sa route, Jourgensen étant addict et noyé dans la dope comme jamais. Tentative inaboutie et bâtarde de créer une nouvelle voie pour Ministry, avec plus de sons synthétiques et mélodiques et des morceaux moins concentrés et plus éclectiques. C'est un échec assez flagrant, même si Bad Blood ou Eureka Pile sont écoutables (les jours de pluie !). A oublier !

 

- Animositisomina (Sanctuary Records,  2003) : Nouvelle tentative de relancer la sauce, en revenant à un son noise plus dur et distordu. Peine perdue ! Animositisomina est peut-être plus inintéressant encore que le précédent (c'est dire !), aucun titre ne surnageant vraiment dans cette soupe qui témoigne de l'épuisement et du manque d'inspiration de la bande de Jourgensen à cette époque.

 

- Houses Of The Molé (Sanctuary Records, 2004) : Jourgensen maintenant de nouveau seul (après plus de 15 ans) à la tête de son projet phare revient au basic speed métal agressif et lance son premier pavé anti-W. On sent un net regain d'énergie et de fraîcheur dans les morceaux, et même si l'album est loin d'être un chef d'?uvre (trop basique et répétitif), il augure d'un certain retour de forme, le début de l'album (notamment Waiting et Wrong) étant même plus que correct. A écouter les jours de colère et de frustration (en skippant quelques tracks pourris, toutefois).

 

- Rio Grande Blood (13th Planet Record, 2006) : Suite directe de Houses, toujours intégralement focalisé contre l'administration Bush et son armée (ce qui, à la longue, se révèle plutôt pénible !). Par contre, la bonne surprise vient du son, réellement dévastateur, de la vitesse (real speed) et de la pure agressivité que dégage désormais la bande à Alien, maintenant composée d'anciens de Prong et de Paul Raven de Killing Joke. Certains morceaux sont tout simplement bons, si l'on ne se focalise pas trop sur les paroles, définitivement et abusivement bloquées sur Sir W Junior. Vaut son pesant de haine.

- Box (Warner Music, 1993) : compilation officielle de 3 cds (13 titres) regroupant singles, faces B (notamment Tonight We Murder, Quick Fix, Smothered Hope) et remix / versions longues de Jesus Built My Hotrod, NWO, Stigmata? généralement excellentes et somme toute assez rares. Coffret valable même pour qui a déjà les quatre premiers albums.

 

Live :

 

- In Case You Didn't Feel Like Showing Up (Sire Records / Warner Bros, 1990): Extraits live d'un concert mythique à Chicago de la fameuse tournée 'The Mind Is A Terrible Thing To Taste'. Existe en version audio, où vous n'aurez le droit qu'à 6 titres, et en version vidéo (uniquement VHS, unfortunately !!!) avec 8 titres plus l'incroyable speach 'Welcome to the United Snakes Of Capitability' de Jello Biafra himself). En vidéo, c'est tout simplement monstrueux, avec les 4 meilleurs morceaux de The Land Of Rape et les 4 meilleurs de The Mind joués par un des line-ups les plus incroyables du R'N'R (voir plus haut), assaisonné d'un visuel dévastateur, le tout avec un son parfait. Totalement immanquable. Sans doute un des plus grands live enregistrés (et filmés) de tous les temps (et je pèse mes mots !). Seul problème majeur : il est désormais quasi introuvable, et aucune sortie DVD ne semble prévue. Fuckers !

 

- Sphinctour (Sanctuary Records, 2002) : Sorti quelques 6 ans après et disponible en CD et en DVD (avec 2 tracks en plus), voici une compilation de morceaux live tirés de la tournée de l'album Filth Pig de 1996. Composé moitié-moitié d'anciens classiques et de titres de cet album, c'est un live assez agréable à regarder (voire à écouter), mais qui souffre de 3 problèmes majeurs : d'abord la qualité parfois médiocre du son, ensuite le manque d'unité du live (chaque morceau étant enregistré dans un lieu différent), et finalement la comparaison avec le live précédent In Case? qui fait paraître celui-ci quelque peu piteux. Pas nul toutefois?

 

Nous reviendrons un autre jour sur les innombrables projets parallèles du groupe et de Jourgensen, sous peine d'intoxiquer définitivement le lecteur (n'est-ce pas déjà fait ?) et d'étirer cet article sur la moitié du KrashWar.

 

Another slave and a victim of fate

Another lesson in hate?

Burning inside !

Burning inside !

Burning inside !

Burning inside !

               By NoWay.


Publié dans Musik

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SysTooL 28/04/2007 22:09

Sacré boulot que cette bio + disco commentée d'un groupe vraiment particulier... :-)

Ce n'est vraiment pas ma tasse de thé, mais je respecte ces ravagés ;-)

SysTooL