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Musik

Lundi 25 juillet 2005

Kill Your Idols : Sonic Youth à Saint Brieuc

Attention grosse nouvelle: le quatuor mythique de New York (devenu quintette il y a quelques années avec l’arrivée de Jim O’Rourke) nous gratifie d’un passage en Bretagne (ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps) à l’occasion du festival Art Rock de St Brieuc qui se déroulera du Jeudi 02 Juin au Dimanche 05. Ils accorderont non pas une mais deux prestations au public breton, l’une de Sonic Youth en tant que tel le Vendredi 03, en compagnie de Luke, Mercury Rev et des Sunday Drivers (programmation poppy qui nous inspire assez peu, mais bon…) et l’autre avec leurs musiciens éclatés (c’est le terme !) entre plusieurs projets le Jeudi 02 lors de la soirée Carte blanche de Olivier Assayas (cinéaste auteur récemment de Clean).

Dans le détail, nous aurons donc : Jeudi 02.06 

Text of Light avec Lee Ranaldo (guitariste), Steve Shelley (batteur) et 3 autres musiciens.

Mirror Dash, duo constitué de Kim Gordon (bassiste et chanteuse) et Thurston Moore (guitariste et chanteur).

Door, prestation en solo de Jim O’Rourke, le dernier venu du groupe.

S’ajouteront à ces affiches divers groupes et projets, dont Ellie Medeiros pour cette soirée de 19 h. à 4h. du matin qui comprendra aussi du théâtre et des projections vidéo.

Vendredi 03.06

- Sonic Youth themselves accompagnés des groupes cités en début d’article pour une soirée se déroulant de 19h. à 1 h. du matin (seulement ?)

En espérant qu’il reste encore des places au moment où vous lirez ces lignes, le KrashWar ne peut qu’ultimement vous recommander d’être présent à ces concerts, Sonic Youth étant en 19 albums (très divers) et plus de 20 ans d’existence un des groupes de Rock’N’Roll qui aura le plus marqué la musique des années 90 à nos jours. Précurseurs et grands inspirateurs de ce qu’on appellera plus tard le Rock Noise (avec travail sur le son lui-même et ses distorsions), grands distilleurs de murs de son et adeptes dès leurs débuts de parties improvisées, la bande de New York combine une musique puissante, hautement énergétique (même si elle s’est apaisée) et pointue à un réel free spirit et un indéniable sens de l’humour. En outre, leurs prestations scéniques sont depuis toujours réputées pour être excellentes, constituant une des bases d’expression du groupe. Inratable donc !

A noter, autre point positif, que les deux soirées évoquées plus haut sont au tarif modique de 20 Euros chacune, ce qui pour du Sonic Youth est presque donné.

Albums recommandés : quasiment tous, les premiers étant plus sauvages et les derniers plus calmes et atmosphériques. On citera néanmoins Bad Moon Rising, la trilogie Evol, Sister et Daydream Nation (chef d’œuvre absolu) ainsi que Dirty, leur album le plus célèbre.

Ne pas rater non plus l’excellente (et hilarante) K7 vidéo 1991 The Year Punk Broke avec des lives de Sonic Youth, Nirvana, Gumball et autres joyeux drilles.

 

 

Par NoWay
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Vendredi 29 juillet 2005

Gigantisme métalleux : la 5ème Fury Fest au Mans les 24-26 juin 2005.

 

 

 

De nombreuses rumeurs de disparition de ce festival de métal et de hardcore avaient circulé l’année dernière après une 4ème édition largement déficitaire malgré un remplissage quasi-optimal durant toute sa durée, la faute à une sécurité privée ruineuse (plus de 150 000 euros apparemment) qu’il avait fallu appeler au dernier moment suite au refus des autorités locales de l’assurer eux-mêmes. Mais la Fury Fest revient contre toutes les prédictions alarmistes pour une 5ème année, toujours sur le circuit des 24 h. du Mans, le concept du festival et ses dettes ayant été rachetés par une compagnie allemande (d’après nos informations très secrètes), mais le jeune organisateur d’origine, Ben, étant toujours à la tête de ce projet devenu gigantesque. La Fury Fest a enfin débuté il y a 5 ans comme un festival de taille réduite avant de grossir peu à peu, toujours suivie par le public, pour atteindre le gigantisme de l’année dernière (aussi au Mans) avec près de 80 groupes sur l’ensemble du festival et près de 15 000 spectateurs par soir. Doit-on se féliciter de ce que la Fury Fest soit devenu l’un des plus grands festivals européens de métal ? La question mérite d’être posée, car si certains membres du KrashWar ont assisté avec grand plaisir à la 3ème édition Halle de la Trocardière à Nantes, certaines voix dont celle de notre ami King Law dénoncent la taille aberrante atteinte par la Fury Fest depuis l’année dernière, le fait de se retrouver noyé au milieu de 15 000 personnes, le plus souvent fort loin des scènes, dans une ambiance de fête à l’américaine où la majorité des groupes jouent tout juste une demi-heure n’étant pas exactement la panacée imaginée par certains fans ou adeptes du rock extrême, notamment tous ceux qui apprécient une certaine proximité et un certain contact avec les groupes ou encore l’immonde engeance des Punks et apparentés qui apprécient peu les dérives commerciales massives d’un festival où sans parler des places et du camping, nourriture et boisson atteignent des prix prohibitifs. Ces esprits chagrins peu adeptes de business à grande échelle ou réfractaires aux marées humaines risquent de peu apprécier cette 5ème édition, qui se veut plus énorme encore que l’année dernière, avec plus de groupes (près de 100 cette année), plus de monde encore, espèrent-ils, et sans doute dans le but d’éponger au plus vite les dettes des années passées, des places au prix devenu franchement prohibitif, puisqu’il ne faut pas compter moins de 45 euros (eh oui, 300 balles !) pour une journée et que le passe pour les 3 jours n’est pas à moins de 105 euros (soit environ 700 piécettes de la défunte monnaie nationale). Autant dire qu’on a peu de chances sauf à envisager une rencontre inespérée au fond d’un square avec une vieille bourgeoise richissime et peu douée pour les arts martiaux de croiser des Punks à chiens, de jeunes fans ou les nécessiteux du Hard Rock. RMIstes et chomeurs, s’abstenir, telle semble être la nouvelle ligne directrice d’un festival où le merchandising et la publicité se sont taillés une place de choix, au grand désespoir des vieux adeptes de l’esprit More Music, Less Business qui semblait souffler lors des toutes premières éditions. Mais passons maintenant, pour tous ceux dont le porte-monnaie permet ce sacrifice et à qui les vagues humaines de hardcoreux et de métalleux ne font pas peur à ce qui est néanmoins le gros point fort de ce festival, et particulièrement cette année : la programmation, énorme, que nous allons détailler jour par jour, les concerts commençant vers les 13 h. et se finissant vers les 1h. du matin avec des temps de passage allant (je crois ?...) de 20 mns à 1 h pour les plus grosses têtes d’affiche, et ce sur 3 scènes différentes (2 principales et une annexe).

 

 

 

Le vendredi 24 sera définitivement la soirée des monstres vivants (voire ?...) du Métal et du Hard Rock avec rien moins que Slayer (que sont-ils devenus ?), Megadeath, Motorhead et Anthrax en têtes d’affiche. Une sacrée brochette d’anciens dont il faut espérer qu’ils n’ont pas été trop momifiés par plus de 20 ans au service du R’N’R. A côté, des groupes assez intéressants comme Dimmuborgir, Kreator ou Mastodon (recommandé par le KrashWar) et surtout l’incroyable projet Fantomas de l’ex Faith No More Mike Patton. On verra aussi pour les groupes français Lofofora (pour ceux qui aiment … ?), BlackBombA ou Inside Conflict (à voir) ainsi que Napalm Death, dont on se demande s’ils auraient vraiment dû continuer depuis le départ voilà 15 ans de leur batteur Mick Harris (les fans vont m’abattre).

 

 

 

Très grosse soirée Heavy et Métal donc ce vendredi avec de vieilles gloires et quelques excellents projets plus récents.

 

 

 

Le samedi 25 sera quant à lui beaucoup plus orienté Hardcore (il en faut aussi !) avec des légendes comme Sick Of It All (excellents il y a 2 ans), Madball (idem) et des groupes mêlant hardcore et m étal comme Envy (très bon !), 25TALIFE ( ??), Most Precious Blood ou les français de Right4Life. A noter aussi dans un registre plus mélodique la présence de groupes tels Stretch Armstrong ou Murphy’s Law.

 

 

 

Du bon HeadBang en prévision donc, mais l’indiscutable tête d’affiche de la journée reste pour le KrashWar les américains de Neurosis, combo de Dark Métal malsain, puissant et ravageur, à ne louper sous aucun prétexte.

 

 

 

Enfin, une ambiance plus légère et plus punk le dimanche avec les Nevrotic Explosion (en interview dans ce numéro), les Misfits, les UncommonMenFromMars et dans les têtes d’affiche The (International) Noise Conspiracy, groupe assez intéressant avec des exs de Refused, Pennywise et Millencolin (melodic style), Turbonegro ou les légendaires speed-punks d’Exploited menés par l’increvable Wattie.

 

 

 

Mais l’ENORME événement de la journée sera bien sûr le concert de sir Jello Biaffra, ancien leader mythique des Dead Kennedys ou de groupes comme LARD (avec Ministry), activiste gauchiste, écolo radical et bête de scène absolue (on espère que c’est toujours vrai !) qui fera à la Fury Fest son unique concert européen avec les excellents Melvins. Un frisson passera le long des échines quand cette vieille légende du punk entrera sur scène ! Reste à espérer que le concert aussi soit légendaire.

 

 

 

Prog. excellente donc mais tarifs de psychopathes pour cette industrie française du métal sur 3 jours. Le flyer avec la playlist complète (près de 100 groupes) se trouve pour les amateurs sur www.forumfr.com/sujet3249-fury-fest-2005.html.

 

 

 

Who sold his soul to the god Rock’N’Roll  ? 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par NoWay
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Samedi 30 juillet 2005

The Ex au Jardin Moderne (12.04.2005)

 

 

 

Encore un des concerts de l’année (ça devient une habitude) pour le combo Free Punk Noise d’Amsterdam de retour à Rennes quelques mois seulement après leur prestation à L’Antipode (elle aussi excellente) en 2004.

Pour ceux qui ne les connaîtraient pas (quelle erreur !), The Ex est un quintette (chant basse, batterie, 2 guitares) néerlandais au style inclassable mais à l’attitude et au son définitivement Punk (à la Crass ) mixant dans leur creuset depuis plus de 25 ans et de 15 albums des influences variées allant de diverses musiques traditionnelles (européennes, africaines…) à de la Folk dure et du Rock’N’Roll sec, tranchant, bruitiste parfois à la limite de l’expérimentation sonore.

Amis de groupes comme De Kift, Tortoise, Sonic Youth ou Shellac (Steve Albini a produit plusieurs de leurs albums), c’est une bande inclassable qui ne cesse d’écumer l’Europe (et le monde !) pour diffuser, transformer et enrichir leur musique, dans un esprit traveller radical de gauche (voire d’extrême gauche) en totale rupture de ban avec le monde industriel capitaliste libéral qui les entoure (et nous aussi, d’ailleurs !) et prêt par contre à toute expérience et collaboration avec ceux qu’ils peuvent croiser dans leurs pérégrinations.

Malgré l’excellence de leur musique et le fait que The Ex soit fondamentalement un groupe de scène (ils vivent pour faire de la musique LIVE), on pouvait à l’aube de ce nouveau concert se demander si leurs passages répétés en Bretagne (3 en moins de 18 mois) n’allaient pas finir par engendrer une certaine lassitude ou si le poids des années n’allait pas un jour freiner l’élan de leurs prestations en général électriques.

Autant dire qu’il n’en fut rien, puisque ce concert du 12 Avril, idéalement sis dans la salle de concert de 250 places du Jardin Moderne (parfaite pour ce genre de groupes), fut sans doute un des plus radicaux et des plus puissants de mémoire de KrashWar, enflammant l’endroit (et le public) pendant plus d’une heure et demi. Assistés cette fois-ci à la basse d’un musicien de Zu (excellent groupe italien) qui remplaçait la contrebassiste qui les avait accompagnés ces dernières années, la musique de The Ex prit une connotation plus dure, plus Noise Rock et accoucha entre de superbes plages de musique de transe plus atmosphériques d’une collection de morceaux surpuissants et distordus, grésillants (quasiment du Harsh instrumental) et diaboliquement vivants dont certains atteinrent des proportions quasi-apocalyptiques, le sommet culminant avec le dernier morceau de rappel, longue montée de près de 10 minutes se finissant en folie furieuse orgiaque et déchaînée.

Encore une grosse claque de la part de ce groupe dont les performances scéniques rivalisent sans problème en force pure avec les grosses machineries métal-noise telles Nostromo ou Neurosis, un certain humour et une certaine élévation en plus. Qu’on se le dise !!!

 

 

 

Les immanquables de The Ex : quasiment pas de déchet dans la production du groupe, mais KrashWar recommande particulièrement Mudbird Shivers (1995), Starters Alternators (1998, le premier album enregistré avec Steve ‘Shellac’ Albini) et leur dernier, Turn (2004).

A noter en outre de nombreuses collaborations et projets annexes, notamment avec Tortoise ou Sonic Youth et deux superbes albums avec le violoncelliste malheureusement disparu Tom Cora (RIP), dont l’excellent Scrabbling At The Lock (1991).

Signalons enfin qu’un DVD de The Ex intitulé Beautiful Frenzy vient tout juste de sortir. Le KrashWar n’a pas encore eu l’honneur de le voir, mais s’il s’agit de morceaux live, cela promet d’être d’anthologie. A rechercher d’urgence, donc !

 

 

 

 

-         Rock destruction : Keelhaul live

 

 

 

 

Retour en arrière pour revenir sur un des concerts de Rock’N’Roll les plus marquants de 2004, toujours au Jardin Moderne (the good R’N’R place!): celui du groupe Keelhaul, de Cleveland, venu étrenner son troisième album Subject to change without notice.

Créé en 1997, leur premier album éponyme paru en 2001, Keelhaul n’était pas encore très connu dans nos contrées, mais la présence aux baguettes de l’incroyable batteur de Craw (groupe mythique malheureusement disparu, RIP) laissait augurer d’un groupe intéressant, voire saignant. C’était peu dire, le concert s’étant révélé une véritable tuerie de Heavy Métal Rock aux structures contournées et complexes, au son lourd et abrasif, tout cela soutenu par une rythmique en perpétuelle évolution et d’une sombre puissance, loin du 4/4 classique du rock de base. Peu de voix (mais grande claque quand elles arrivent, hurlements déchirés ou pleins d’effet à la Ministry ), mais une musique épaisse, métallique et brillante,sorte de blues rock poisseux à grain épais retravaillé à la sauce industrielle et destructurée des années 2000.

Performance scénique puissante, incandescente, travail d’usine en flammes : parfait instantané des U.S. post-modernes et dépressifs tels qu’on les imagine. On ne peut que prier pour un retour dans les environs de ce groupe avant une séparation ou un quelconque problème (la durée de vie des groupes de Métal Noise américains étant en chute libre ces derniers temps) !!

 

 

 

Les immanquables : leurs 3 albums Keelhaul, Keelhaul II et Subject To Change Without Notice. En bonus, les albums de Craw, l’ancien groupe du batteur, moins sauvages mais tout aussi puissants.

 

 

 

 

 

 

-         Perturbation atmosphérique : Isis live

 

 

 

 

Autre sensation forte de l’année dernière, toujours au même endroit (The Modern Garden, as they  say), le groupe Isis de Boston qu’avaient eu la bonne idée d’inviter nos amis métal-hardcoreux d’Overcome. Qu’ils en soient loués !

Formation assez atypique en provenance de Boston, Isis, créés en 2001 et auteurs de 3 albums, distille lors de morceaux longs en constante montée d’intensité une musique atmosphérique lourde et tendue, mur de son soutenu par de glaçantes nappes de synthé (eh oui !) et quelques samples sur lequel se greffe une voix morbide et litanesque, le tout formant une sorte de symphonie mortuaire et désespérée de pus en plus puissante jusqu’à ce que les morceaux explosent dans une catharsis de violence déchaînée, infernale et distordue, qui libère de toute la tension malsaine accumulée couche sur couche pendant les minutes qui précèdent, dans une structuration montée de pression/ exutoire ultra-violent évoquant parfois certains morceaux de l’album 100% White Puzzle des Hint.

Musique étonnante donc, au croisement de la Cold music (relents de très vieux Cure –Pornography- ou de Joy Division par moments) et du Rock Noise le plus sauvage, mâtiné de métal et de dark électro. Splendide et glaçant, comme les ruines hantées d’une vieille station spatiale désaffectée, et hautement recommandé au cas où leur viendrait l’idée d’arpenter de nouveau nos contrées.

 

 

 

Les immanquables : leurs 3 albums sans hésitation, Celestial (2001), Oceanic (2002) et Panopticon (2004).          

 

 

Par NoWay
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Samedi 30 juillet 2005

 

 

 

Absents des débats le jeudi 02 pour la soirée carte blanche d’Olivier Assayas dans laquelle les divers membres de Sonic Youth jouaient en ordre dispersé dans divers projets parallèles, soirée assez réussie semble-t-il si l’on en croit les échos perçus le lendemain par le KrashWar, nous allons nous concentrer sur l’événement majeur : le concert du vendredi soir de Sonic Youth à St Brieuc. Partis pour arriver vers 22 H. (malgré une ouverture des portes dès 18 H.), la sympathique équipe des Krasheurs pensait ainsi éviter la pop inutile des Sunday Drivers et le fameux groupe Luke, renouveau du rock français (?!). Que nenni ! Quelle ne fut pas notre surprise (et notre consternation !) en arrivant à 21H50 dans l’enceinte du festival (une des places centrales briochinnes) de constater que Sonic Youth jouait dans quelques secondes et que nous venions de manquer Mercury Rev, groupe de pop atmosphérique que le Gusano Rojo avait vu vriller de façon acceptable voici quelques (presque 10 !) années. Occasion manquée donc (les rumeurs les créditent d’un concert assez mou) et hallucination de constater que la bande de Thurston Moore et Kim Gordon ne closent pas la soirée. Pas le temps de trop s’émouvoir car après une course au bar (Ticket please !), nous tentons un perforage dans la masse agglutinée qui nous sépare de la scène sous chapiteau où Sonic a commencé ses stridences. Pas évident de s’insérer jusqu’à une place valable dans la compression humaine (Rojo le punk joyeux préférera le pogo des premiers rangs, au grand dam de ses côtes et ses chevilles), mais l’effort est mérité car le set de 1H40 des New Yorkais est de grande classe, commençant par quelques ballades assez calmes d’albums récents avant d’alterner avec de plus en plus de vieux tubes dans le pur élan Punk Rock Noise de Sonic. On entendra ainsi Schizophrenia (is taking me home…) et Catholic Block (Big Up à Jof Driver) de l’album Sister, Sugar Kane et Drunken Butterfly de Dirty, Bull in the Heather de Experimental Jet Set… et pas moins de 4 titres du magistral Daydream Nation, dont un terrible Silver Rocket (Gusano en extase) et au final l’inévitable Teenage Riot (I hear it comes…). Concert puissant, intense, en pleine montée ! 1 H. de plus ne serait pas de trop. Mais niet. La programmation en a voulu autrement, et c’est au bar, encore dans le Youth spirit, que nous surprennent (?) les premiers accords de Luke (Look !). Nous n’en décollerons pas (du bar !), car c’est un set de pitié, ramassis de basic rock sans élan et de sous Noir Désir (Oh Cantat, si tu savais…) que nous servent ces djeunes de la nouvelle rock scène française, conclu par une affligeante reprise de Pas assez de Toi de la Mano. A dégager ! Raouste ! Même eux semblent percevoir leur inutilité devant un public apathique qui paraît en pleine dépressurisation. Quelques verres supplémentaires (2 neuronias, bière ou vin blanc correct. OK) et nous quittons cette enceinte, avec un seul vrai concert dans les jambes mais qui valait de loin la course et cette évidence qui rassure : 25 ans après, Sonic Youth is still on the way !  

 

 

Par NoWay
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Dimanche 31 juillet 2005

Live report

 Chronique quelque peu tardive (la soirée date d’il y a trois mois) mais dont le KrashWar ne pouvait faire l’économie du passage à Rennes du projet de live électronique de Mick Harris Scorn, lors d’une soirée au prix modique et à la programmation pour le moins inégale (avec notamment un groupe de Reggae-Dub italien dont on se demandait ce qu’ils venaient faire là). Malgré cette petite réserve, la prestation de Harris derrière ces machines valait largement le déplacement à elle seule, long set ininterrompu et hypnotique de Dark Hop, comme on définit ce mélange quelque peu bâtard de Dub, de Hip Hop, d’Electro et d’ambiance plus ou moins ténébreuse. Moins varié rythmiquement que certaines de ses productions (de la fin des années 90 notamment), la performance de Scorn se focalisa sur un travail de nappes et de textures sonores en permanente transformation allant de sonorités liquides ou aériennes à d’autres plus brutes ou distordues (continents en mouvement, choc des plaques tectoniques, éruptions de volcans sous-marins), entraînant le public présent dans un voyage mental et sonique au cœur de la matière et des éléments, sorte d’hypnose électronique soutenue par de continuelles infra-basses donnant la pulsation interne et poussant à un martelage obsédant du dance-floor par les pieds d’auditeurs comme placés en apesanteur. Excellent live donc, puissamment prenant, dont ceux absents ce soir-là pourront se faire une idée en écoutant le disque List of Takers, sorti l’année dernière et qui restitue pendant 70 minutes un set de Scorn enregistré à Birmingham en 2003. On ne pourra que regretter, vu l’intensité sonore et la force des ambiances créées, un accompagnement visuel (italien) parfois intéressant mais peu approprié, voire par moments totalement absent, qui aurait pourtant pu faire de ce live une expérience totale. Dommage donc !

Concernant le sieur Harris, il ne sera pas inutile de signaler qu’outre son projet électronique Scorn (commencé en 1991 avec d’autres musiciens, puis poursuivi quasiment exclusivement en solo depuis 1995), ce musicien incroyablement éclectique et prolifique fut le batteur (et quel batteur !) d’origine de Napalm Death de 1987 au début des 90’s, puis participa à de très nombreux projets de musique aussi bien instrumentale qu’électronique tels Lull, Quoit, Praxis (avec John Zorn, Bill Laswell et Fred Frith) et bien d’autres. Le KrashWar promet d’ici peu un article assez long sur tous ces francs-tireurs de la musique expérimentale mais recommande vivement à ses aimables lecteurs, en attendant, de se plonger eux-mêmes dans la découverte de certains de ces groupes, Scorn demeurant sans doute d’ailleurs un des plus facilement abordables. A noter pour ceux que la route ne rebute pas que Scorn, justement, sera présent en live au festival de musiques industrielles Noxious Art Festival au Moulin de Poncey (70) le 24.06.2005 en compagnie d’autres excellents projets. Plus de détails dans l’article qui s’y consacre dans ce même numéro du KrashWar.

Les immanquables de Scorn : des débuts encore marqués par le métal et des ambiances très lourdes, nous retiendrons Lick Forever Dog (1992), de la période suivante, plus éthérée et plus Dub, en compagnie de Nicholas Bullen, le plus abouti est sans doute Evanescence, puis à partir de 1995, le projet Scorn n’étant plus constitué que de Mick Harris lui-même, les albums Gyral (1995), Zander (1996) et Whine (1997), qui est un live en Italie sont hautement recommandés. Plus récemment, on retiendra le double vinyl Plan B (2002) sur le label Hymen, ainsi que le live déjà mentionné plus haut List of Takers qui date de l’année dernière.

Napalm Death avec Mick Harris : membre fondateur et capital du groupe, Mick Harris n’y restera que 4 ans, le groupe n’étant absolument plus le même après son départ. A retenir donc du groupe qu’on considère comme les inventeurs du Grindcore les deux premiers albums, incroyablement rapides et destructeurs (surtout pour l’époque) Scum (1987) et From Enslavement To Obliteration (1988), le troisième album, Death By Manipulation (1991) et dernier avec Mick Harris, plus métal et moins grind étant de très bon niveau mais particulièrement mal produit.

A noter pour les néophytes que Napalm Death première mouture (avec M. Harris donc) a été une des grandes inspirations d’artistes tels Merzbow, John Zorn, Carcass ou Boredoms. Qu’on se le dise !

 

Le KrashWar reviendra dans de futurs numéros sur certains des autres projets du sieur Harris, notamment Praxis et Painkiller…

A noter un excellent site sur Mick Harris et ses différents projets : www.mickharris.net.

Par NoWay
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Dimanche 31 juillet 2005

Alors qu’aura lieu à Le Mans le festival métal et hardcore Fury Fest, un autre événement musical d’importance se déroulera exactement aux mêmes dates à côté de Vesoul (centre-est de la France), à Moulin de Poncey, plus précisément, exactement aux mêmes dates, soit les 24, 25 et 26 juin (2005 évidemment !).

Organisé par le label Audiotrauma (label d’électro, indus. et dérivés) sous le nom de Noxious Art Festival, dont ce sera cette année la deuxième édition, il s’agit de rien moins qu’une des plus importantes réunions de l’année en France de musique industrielle, électronique dure et parfois expérimentale. Pour s’en assurer, il suffit de parcourir la programmation touffue et très intéressante de ce festival, dont nous citerons juste ici quelques grands noms.

Ainsi, le vendredi 24.06, pourra-t-on voir se produire Scorn, le projet Dark Hop (!!) de Mick Harris, hautement recommandé par le KrashWar (voir article dans ce même numéro), Imminent (anciennement Imminent Starvation), projet belge de musique électronique rythmique et bruitiste puissant et entêtant, Hypnoskull, un autre projet belge à surveiller ou encore en mix (tous les précédents jouant live) le fameux Christoph Fringeli, DJ et compositeur suisse connu comme le boss du label anglais Praxis et réputé pour des sets de Jungle ou de Break en général assez Dark, voire étranges.

Le samedi 25.06, rebelote, avec une programmation qui n’est pas en reste puisque joueront les allemands de Winterkälte, passionnant projet industriel, bruitiste et ambiant, Dive, le projet belge de Dick Ivens (connu aussi pour son projet Sonar), les allemands de S.I.N.A., le duo français Dead Data Ponks composé d’Elektrokami et de Ripit (déjà vu lors des Anticartels et auteur d’un très bon morceau sur le Hijos de Puta 3, le label invendable de l’ignoble Gusano) ainsi que des américains CDatakill, de Subskan (projet belge glacial et excellent !) ou encore DJ K-OZ en mix, bien connu des rennais et présent d’ailleurs à la dernière Kamikaze Warfare (article ici-même !).

Outre ces quelques noms, d’innombrables projets qui paraissent pour beaucoup fort prometteurs mais dont les noms sont tombés dans l’oreille cassée (et donc assourdie) du KrashWar qui ne les mentionne donc pas. Par contre, le festival est prévu sur 3 jours, mais impossible (ou alors tare spécifique de l’équipe de ce fanzine) de trouver qui se produira le dimanche 26 (personne ?). Les tarifs sont d’ailleurs indiqués pour 1 ou 2 jours, l’option du vendredi au dimanche (Day of the Lord !) ne semblant pas prévue. Intox ou débilité profonde des Krasheurs, l’avenir nous le dira.

En tout cas, l’excellente programmation et les tarifs particulièrement bas (15 Euros la journée et 25 pour 2 jours en prévente / à comparer avec la Fury Fest) poussent irrémédiablement le KrashWar à enjoindre à tous les amateurs de bons son non rebutés par les parasites, la distorsion ou la proximité de villes aussi sympathiques que Vesoul (« T’as voulu voir Vesoul et on a vu Vesoul !... ») de lancer à pleine vitesse leurs véhicules de combat sur les routes étroites de notre royaume pour aller assister à cet événement que le KrashWar, paupérisé et figé en Bretagne, risque bien de manquer. On attendra donc (sauf miracle !) vos réactions sur notre e-mail. Shame on Us !!!

Pour les amateurs, infos et renseignements complets sur les artistes sur audiotrauma.music.free.fr. Qu’on se le dise !

Par NoWay
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Lundi 8 août 2005

Live report

Eté meurtrier au Mondo Bizarro. Pour ce qui a sans doute été le dernier gros concert noise de l’année, l’association All That Glitters (déjà organisatrice d’un excellent concert le mois dernier, malheureusement au même moment que la Piqûre de rappel du Jardin Moderne) a frappé fort et juste en ce début d’été déjà brûlant. Le retour des anciens, des vieilles légendes, dans leurs nouveaux combos, voilà ce que c’était !Carmina d’abord, ou comment deux membres de Ananda fans de Death Metal créent un trio de Brutal Death à la limite du Grindcore, et surtout Playing Enemy de Seattle, les 3 arrachés restants des mythiques Kiss It Goodbye, ayant joué dans des groupes tels que Rorschach, Deadguy, No Escape ou Die 116. Du très lourd donc, et tout cela accompagné des lyonnais d’Overmars, ‘Heavy Post-Hardcore’ selon leur description, qui eux sont lourds au sens premier du terme. Venons-en maintenant au concert lui-même. Premières chaleurs estivales, dépression économique généralisée chez les Krasheurs et apparentés, c’est donc en émissaire solitaire que je me lance vers le Mondo, lieu de vice et de dépravation coutumier des prestations Rock’N’Roll agressives. Ils n’allaient pas être déçus ! Début 20H sur le flyer, c’est donc à 21H (méfiance, pas trop tard, il y a 3 groupes !) que j’atterris au bar du dernier survivant des caf’conc rennais (Respect pour Bruno et Big Steph !) où étonnamment (!!) rien n’a commencé. Ambiance morne et calorifère, c’est juillet et il n’y a pas grand monde. Deux verres plus tard, c’est parti. Lente migration d’une vingtaine de personnes vers la scène (au fond du bar) où deux anciens membres des appréciés Ananda (Hardcore noise lourd et puissant) et un troisième acolyte ont saisi leurs instruments et commencent à aligner une série de morceaux durant entre 45 secondes et deux minutes de Death ultra-rapide, assez scotchant, avec une ambiance mélodique orientée Dark et une bonne voix de raclement guttural, comme il se doit. Double pédale à fond, riffs techniques et speedés, la recette n’est pas neuve, mais la réalisation est efficace. Le public apprécie, dans une ambiance décontractée : blagounettes entres métalleux et Oahhhhhhhhhhhh caverneux qui fusent. Le groupe ne se prend pas la tête et effectue un set plutôt rigolo (pour ceux qui aiment le métal à 300 BPM) et efficace d’une petite demi-heure. Break. Retour à l’apathie du bar. L’ambiance est molle (mais le Punch est frais, à 2 neurones seulement, c’est offert), et c’est maintenant une quarantaine de personnes qui assistent un quart d’heure après aux début d’Overmars, inconnus en provenance de Lyon, au line-up assez nombreux duquel on retient surtout une jeune fille égarée (que fait-elle dans ce groupe ?) qui va aligner quelques fluettes parties de guitare et quelques interventions vocales tout aussi fluettes et un chanteur chevelu esprit Country Man qui va rapidement devenir pénible. 1er morceau en lente montée de pression, assez efficace, gratte couche sur couche, heavy style plombé, mais ça se dégrade rapidement. Quelques morceaux plus loin, c’est le public qui est plombé par ces morceaux trop longs à la sous-Neurosis, pompeux sans être vraiment puissants, à ces vocaux insistants et à l’attitude théâtrale et outrée de leur chanteur-leader qui gave sec. 45 minutes qu’un dernier track un peu moins pire que les autres n’arrive pas à sauver, d’autant que leur show (?!) est complété par une projection vidéo totalement pitoyable, pseudo trashy-désespoir, qui attaque les yeux et repousse de façon radicale le spectateur vers le bar (l’endroit où on pose son coude…), devenu refuge pour les consternés. Finalement, le concert d’Overmars se traîne jusqu’à la fin, et c’est juste à la pause que l’équipe de K-FUEL, Perte et Fracas (nouvelle asso. et label noise qui tâche !) et les immanquables Möller Plesset, par la promesse sonore alléchés, débarquent de leur barbeuk alcoolisé sis astucieusement non loin de là. Le temps de prendre un verre et quelques news et c’est finalement devant une audience raisonnablement nombreuse que Playing Enemy, attendus tels des prophètes destructeurs, entre sur scène. Dès les premières notes et frappes de batterie on sent que ça va hacher sévère, pas vraiment le style Overmars. Batterie épileptique en rotation permanente, riffs dévastateurs et saignants, grosse basse rythmique tabassée à souhait par les bons soins de son instrumentiste et voix de psychopathe désespéré en plein pétage de plomb. C’est rapide, glauque, agressif et puissant, le son est fort, le bassiste s’agite comme un damné et hurle (sans micro) les lyrics tellement fort que les premiers rangs les entendent au milieu du chaos. C’est parfait ! Exactement le genre de grosse baffe américaine qu’il nous fallait pour nous dégraisser les oreilles et nous vriller le cervelas à l’aube de l’été. On n’en attendait pas moins vu le pedigree des membres du groupe, mais c’est le choc quand même. Soudain, alors que l’extase de ravage noise est totale et pourrait (devrait ?) durer encore quelques heures, le groupe s’arrête et sort de scène. Dépressurisation brutale et instantanée. Impression viscérale que le groupe n’a joué que 10 minutes. Non, 40 en fait. Ça ne suffit évidemment pas, la crise de manque aigue pointe le bout de son nez, et c’est donc avec une conviction animale que la salle commence à hurler et à siffler pour le retour du trio infernal de Seattle. Quelques longues minutes d’attente, et hop ! Le retour, mais pour un morceau seulement et une reprise encore : She’s so Heavy des Beatles, par Playing Enemy. Monstrueux ! J’avais déjà entendu une reprise assez entêtante de ce titre par Noir Désir en live, ça valait le détour, mais là, c’est la descente aux enfers direct. Près de 10 minutes de riff lancinant, de voix torturées, de frappes destructrices. Ça n’arrête pas de monter en puissance, ça arrache tout. L’impression d’être dans un tunnel de son qui n’en finira jamais (malheureusement, si !). Epique et monumental ! Par contre, à l’issue du massacre, le groupe, en fin de tournée et visiblement épuisé, retourne dans les loges pour ne plus en ressortir, au grand dam d’une majorité de la salle, néanmoins ravie de la prestation. Les anciens de Kiss It Goodbye sont toujours en activité, là-bas, par delà la mer et ils continuent à faire leur incroyable musique de malades mentaux en pleine crise. C’est royal. Dernier verre vite fait, les yeux dans le vague, les oreilles en sang, puis back to the city, l’alcoolisme n’attend pas. Impression qui dure de se relever tout juste d’un KO, comme en boxe, de s’être pris un bon uppercut juste à la pointe du menton, comme après un concert de Keelhaul, de Isis, ou de The Ex. Là, c’était Playing Enemy, Seattle, USA, en virée en Europe. On se jette sur le dernier album et on attend leur retour de pied ferme, peut-être même avec le 4ème larron qui s’était fait la belle voici quelques années puisqu’une rumeur insistante et fondée fait état d’une possible reformation de Kiss It Goodbye. Could be cool !!!

Discographie de Carmina : Pour l’instant, juste un split 7’’ avec Morgue sur Shogun Records et Evil Bikers Rcds + 4 morceaux de grind death disponibles gratuitement sur leur site. Coool !

Discographie sélective d’Ananda : ‘5’ : Maxi CD sorti en version LP sur Conspiracy Rcds. Hardcore métal prenant et valable.

Profane (2000) : Leur album et leur accomplissement. Très bon disque sorti chez nos amis d’Overcome Records.

Live à Rennes (2000) : Split vinyl du fameux concert du 07.11.1999 à Rennes avec 2 tracks d’Ananda, 2 des américains de Botch (terrible groupe !) et 2 pour les suisses de Knut (qui arrachent sec !). Sorti sur Mosh Bart Industries. Bon son et concert mémorable (où figurait aussi Neurosis, malheureusement absent du disque). A posséder.

Discographie d’Overmars : Affliction, Endocrine … Vertigo (2005) : 1er album sorti cette année. Si c’est aussi bon que sur scène, le titre du skeud prend tout son sens : affliction, vertige… Est-ce que j’ai vraiment acheté ce disque ?...

Discographie de Playing Enemy : Cesarean (2001) : Leur premier album. NoiseCore métal vicieux et dépressif.

Ephemera (2003) : 3 titres excellents. Totale maîtrise.

I Was Your City (2005) : Dernier album sorti il y a peu. Une tuerie !

Discographie de Kiss It Goodbye : She Loves Me She Loves Me Not (1997): Premier et unique album de ce groupe météore qui attaquait les étoiles.

Choke (1999) : EP sorti de façon posthume après le split du groupe, compilation de 2 singles. Excellent.

Discographie sélective de Rorschach : Autopsy (1993) : 31 morceaux qui couvrent toute la carrière de ces précurseurs de la scène noise métal.

Live In Italy 1992 (2002) : Un long time live de furie, avec 17 morceaux, pour se faire une idée de la bête sur scène.

Pour les autres projets des membres du trio américain, on y reviendra une autre fois, car cela deviendrait pléthorique.

A noter l’excellent site des Playing Enemy, bardé de bonnes choses et de blagues de psychopathes : http://www.playingenemy.com

On retrouve aussi nos sympathiques gaillards sur la communauté MySpace, et ça hallucine grave…

Par Glavio
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Mercredi 10 août 2005

Live Report

Présents uniquement du samedi soir au dimanche après-midi, sensiblement le même feeling que GROIN sur ce rassemblement pour une fois (depuis longtemps) réellement festif et bon esprit. Je serai même un peu moins dur que lui sur la musique produite sur l’ensemble des sons, qui me semblait plus variée (pas difficile avec environ 80 sound systems) et moins fluffy que ces dernières années, même s’il était réellement délicat pour les non-avertis (c'est-à-dire nous) de trouver le bon son (sauf l’Eclectic, Big Up !) au bon moment au milieu de cette foire qui devait avoisiner les 10 km². Ambiance tranquille, no stress (sauf la session boucherie), dealers discrets (mais pas absents, ouf !) et assez peu de posers-cakos ou de sec-men à la parisienne. Réglo dans l’ensemble. Aurait pu être parfait sans l’égorgeur local et avec un peu plus (ou alors plus faciles à trouver) de sons ‘hors-ligne’.

A noter pour une fois la relative bonne foi des médias qui, contrairement aux prévisions pessimistes de GROIN (partagées à l’origine) se sont révélés plus mesurés qu’à l’habitude et ont évité toute généralisation et glose déplacée sur le potentiel meurtrier du raver déconnecté sous drogues illicites.

Dernière remarque : même si l’endroit était fort agréable (la classe bucolique du centre-Bretagne) et si les paysans doivent être indemnisés correctement, il aurait semblé tout aussi valable que les autorités libèrent pour l’occasion un terrain militaire ou choisissent une vieille ruine industrielle. Enfin, n’en demandons pas trop à nos amis les représentants de l’état dont la relative collaboration marque déjà un certain pas en avant (on se rappelle il n’y a pas si longtemps de câbles cisaillés et de sons démolis à coup de matraques).

En définitive, un teknival vivant, qu’on ne fuit pas au plus vite la queue basse, et qui a un certain goût de reviens-y, ça méritait d’être souligné. Pourvu que ça dure !

PS : Moment mystique le dimanche après-midi avec la longue quête de Mr Honk à la recherche du Goth dans son camion blanc (pas sûr !) immatriculé 56 (encore moins !) au travers de la moitié des parkings du lieu (oui monsieur !) à base d’informations incomplètes données d’un portable tombé en rade faute de batterie… Il peut le faire !

Autre grand moment : la quête forcenée du saucisson par un malinois drug-detector dans notre coffre, sous l’œil inquisiteur et ravi (au début !) de gendarmes flairant le bon coup, consternés peu après en découvrant la charcuterie (et non un pain d’opium), et dont l’un d’eux s’empare discrètement (et honteusement, sans qu’on s’en aperçoive sur le moment ni évidemment qu’il la restitue) de la boîte ultra-suspecte mais désespérément vide de notre ami Demon, tandis que ses camarades tirent des plans sur l’after (pas du teknival, des flics !) dans la maison d’un collègue, le soir même, sans doute épicée par quelques-unes des prises effectuées (« Eh Robert, il est fort ce shit ou c’est moi ?! »). Spécial dédicace aux blue flamingos, présents en nombre sur nos routes, toujours aussi physionomistes (« Et ils vont nous fouiller comme ça à chaque barrage ?...) et pleins d’humour (l’un d’eux, pince sans rire : « Il doit rester encore 5 barrages comme ça avant d’arriver aux sons… Naan, je blague ! »).

Ah ! Police caravan, yes I know you can…

 
Par NoWay
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Mercredi 17 août 2005

Les galettes à la poële  

 

 

 

 

 

 

 

C’est sous un double package cartonné à couverture verte de la plus grande classe que nous arrive le 2ème album des fameux Möller Plesset. Deux ans après les 10 titres de Rather Drunk Than Quantum, une petite palanquée de lives et des tournées diverses (y compris dans des pays estrangers, mais si !), The Perturbation Theory arrive jusqu’à nos oreilles, et nos yeux.

 Car comme le précédent, c’est un double projet musical mais aussi graphique, puisque tout le design et la couv du disque ainsi qu’un comix astucieusement inséré à l’intérieur sont réalisés par le dessinateur em, du collectif La Chose. Concept excellent puisque le disque et la BD noir et blanc forment un tout cohérent, créent leur propre unité. 40 pages noir et blanc, sans texte, sur la gangrène télévisuelle qui gagne les sales tronches d’un monde de gogos, les transformant en crétins diaboliques au sourire plus qu’inquiétant. Mais la perturbation arrive et le piratage va frapper, là où ça fait le plus mal, au cœur même du Dieu TV. .. Chaos annoncé ! Graphisme personnel et puissant, trognes qui jaillissent de la page, scénario énigmatique et pertinent, la facette visuelle du projet ne déçoit pas, encore supérieure par sa maîtrise et son fini à celle du premier album (aussi réalisée par em). Et la musique dans tout ça ?

Quid du nouvel opus des bretons infernaux ?

 

 

Petite explication d’abord, pour les non-initiés, sur ce quatuor atypique. 2 guitares (Thomas et Régis), pas de basse (ça blase !), qui s’entrecroisent, se répondent, se chevauchent, duel et collaboration permanente, son clair le plus souvent, mélodique mais frappé, tendu, qui chatouille les nerfs le long des virées montagnes russes, sinueuses, des riffs en expansion. Greffées dessus, au cœur, les voix, atypiques, saisissantes, décalées. Gilles d’abord, le lead singer : voix rauque, déchirée, déchiquetée, presque animale, alcoolique divaguant ses mots ou bête souffrante traînant sa douleur.

 En relais Régis, chanteur guitariste, au début juste back vocalist, et qui dans ce deuxième album se fait plus présent, véritable deuxième voix qui répond et relance, monte vers les aigus, donne l’élan, pousse vers les hauteurs et l’héroïsme suicidaire. Double duel mélodique donc, en instabilité permanente, en constante recherche d’intensité. Cadençant tout cela, Fred à la batterie, jeu nerveux et incisif, tout en charley et toms, alternance de subtilité rythmique et de tabassage insistant des fûts, qui moule au plus près les formes étranges de cette musique.

 Le résultat : un mélange atypique et intense, des morceaux complexes, entre hypnotisme répétitif et transformation incessante, formes naissantes travaillées par de constantes perturbations, un chaos qui les transforme et les fait renaître. Au niveau instrumental, on pense à des groupes comme Don Caballero pour les structures contournées, les mélopées étranges, à Cheval de Frise (R.I.P.) pour l’intensité mélodique et l’unité guitare-batterie, pour les voix on ne pense pas à grand-chose, peut-être Jesus Lizard ou US Maple de très loin (références qu’ils revendiquent), mais l’on est surtout saisi par l’aspect totalement nouveau, spécifique, de ces échanges vocaux, duo en question-réponse permanent, à vif, vecteur d’émotion et moteur mélodique en lui-même.

 Mais tout cela était déjà sur le premier disque de Möller. Qu’en est-il des 8 titres du second ? La même en meilleur, c’est l’impression qui prévaut. Plus d’unité, des morceaux plus équilibrés, plus resserrés, toujours divaguant, en vadrouille, mais sans jamais perdre l’objectif de vue, plus efficaces, plus percutants (si l’on excepte 2 ou 3 tubes du précédent). Album éclectique, court (32 mn) mais varié, palette d’émotions, d’énergies différentes, dans cette ambiance sableuse, sortie de bar sous le soleil, propre au combo breton. Les 5 premier morceaux typique style Möller, Gilles et Régis à la voix, avec sortant du lot le premier morceau Megavix, en deux parties, fin intense, en montée, presque à la Fugazzi, le 5ème, Cheb, ambiance western désertique, country déraillée, les voix perdues dans le lointain, noyées dans la musique, assoiffées, et surtout Hit The Tray, le 3ème, exemplaire de force subtile, d’énergie contenue, préservée par-delà les obstacles, passant de la sérénité à des passages plus perforants, plus agressifs, pour finir dans un désespoir alcoolique, solitaire. Terrible morceau, inarrêtable. Ensuite, deux morceaux acoustiques avec deux voix féminines en duo avec Gilles. D’abord la reprise de leur implacable tube du premier album, Purple Rape, dans une version intimiste, Laetitia Sheriff apportant fraîcheur et subtilité dans un duo vocal mémorable avec la voix cassée de Gilles, couple en déchirure sur le superbe tapis mélodique de cette chanson, une des meilleures du groupe. Ensuite, reprise du premier morceau, Megavix, lui aussi en acoustique, avec Isa Valentini, de 13th Hole, voix aigue qui transforme le morceau, version rêche et dépouillée, toujours transcendée par la montée finale.

 Enfin, le morceau titre, The Perturbation Theory, mélange d’électronique et d’instruments joués, track bancal, étrange, à la rythmique obsédante et syncopée, à la mélodie répétitive, tout cela se distordant, s’intensifiant, au bord du chaos, de la rupture, dans une ambiance irradiée de catastrophe mortifère. Le morceau brinqueballe, semble s’arrêter puis finit par mourir, étouffé, à sec.

 

 

Pour conclure, un excellent disque dans l’ensemble (aurais-je pu dire le contraire ?), plus dense que le premier, impeccablement produit, tout en nuances et en précision. Pas d’accès facile ni immédiatement prenante, la musique de Möller est une fièvre à incubation lente, une drogue à accoutumance progressive mais qui finit si on la laisse faire par phagocyter le système auditif, et nerveux. Deux petits regrets, l’album est assez court (8 morceaux dont un joué 2 fois, et une reprise du premier disque), et un peu plus de matière n’eût pas dérangé, loin de là. Deuxième point, même si The Perturbation Theory parvient à capter une part précieuse de l’énergie et du style Möller, le format disque reste néanmoins limitatif par rapport à leur musique, dont le plein élan et la pleine mesure ne peuvent s’apprécier qu’en concert, leurs prestations récentes ayant démontré la faculté d’incandescence que le groupe peut atteindre sur scène, où leurs morceaux prennent leur ampleur véritable, le disque malgré son intérêt peinant à capturer cette folie, ce bouillonnement. Möller Plesset est donc à voir impérativement lors de leur prochain passage, mais le KrashWar ne saurait trop conseiller, en attendant, de s’accoutumer aux circonvolutions de leur musique très particulière par une écoute intensive et régulière de leur dernier et excellent album (voire même, en complément, du précédent).

 

 

 

 

 

Discographie Möller : The Perturbation Theory (Label Perte et Fracas. Loose 001 (!!). 2005). Leur deuxième album. Very good.

 

 

                                     Rather Drunk Than Quantum (K-FUEL Records 01. 2003). 1er disque. 10 morceaux dont certains immanquables. Quite good.

 

 

                                     Breizh Disorder 04: featuring de Möller sur la fameuse compil bretonne avec leur fameuse (et énorme) reprise du standard punk : A Goat Shave Ze Queen (!!) Fortement recommandé.

 

 

                                     Magnetic #3 : toute la scène rennaise a joué sur le label K7 Magnetic. Möller le prouve. Jamais entendu.

 

 

 

 

 

Sur le Net : Immanquable site (et on mâche nos mots) du groupe breton, bardé d’infos et d’images toutes plus incroyables les unes que les autres sur http://mollerplesset.free.fr.

 

 

Dans la foulée, signalons aussi le fort intéressant site de l’association K-FUEL, organisatrice de bacchanales noise et très proche du groupe (pourquoi ? on ne le sait pas…) qu’on retrouve sur www.kfuel.org avec notamment la feuille de fuel (infos et critiques) en ligne. Go !

(sous deux des pochettes, un extrait mp3! Et sous la dernière leur site! remontez et cliquez!)

  

 

 

                                              

 

 

 
Par Glavio
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Samedi 3 septembre 2005
Voici venu le temps des Net-Labels, labels gratuits, tracks téléchageables, 
jaquettes à downloader et à imprimer tout seul comme un grand pour fabriquer
matériellement son album, dont la substance est offerte sur le net....
Biensur les donations sont toujours possibles, de manière à pouvoir produire
du Vinyl, mais le but principal étant de se diffuser pour se faire
connaitre, autant en tant qu'artiste qu'en tant que Label, tout en restant
au possible dans le concept de gratuité bien ordonnée commence par soi même,
ce qui n'est pas si con que cela, ( n'est ce pas Honk? combien te coute
chaque soirée gratuite que tu organises? )

voici donc la première compile du Salon de la Composition:

différents styles, donc compilation digne de ce nom, faite pour un public 
large, par des cyberpunks qui n'ont pas leurs gouts dans les mêmes sabots.

La deuxième mouture est en cours de finition et sera en ligne très
bientôt....

Bravo les gars, lachez pas la Fair..........


isAAAc
Par isAAAk
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