SCRYPTIC PAPERS : INVERSION DU CHAMP MAGNETIQUE TERRESTRE

Publié le par Groin-Groin


PHASE 1 /
LES DOGUES ARGENTINS DU DOCTEUR VON BRAUN


 (Berlin - die Götterdämmerung)
Il paraît que le führer est mort. Les soldats allemands n’entonnent plus le hanswessellied, et serrent les dents sous l’afflux massif des méta-amphétamines dans leur organisme, derniers produits du reich quand la population crève de faim et de bombes. Les rats investissent les lieux, mangent les morts et les vivants les plus démunis. Les russes sont aux portes de la ville, ils sont déjà partout - nul n’est là pour les voir, ceux qui restent attendent la mort sans parier sur son visage.

 Les bâtiments éventrés exhibent les restes calcinés de la suprématie technologique de l’homme du futur, messerschmidt à réaction - l’arme secrète ! - vierges d'aluminium surgissant des gravats, piles thermoélectriques calcinées, tapies au cœur d’un réseau inextricable de câbles telles d’étranges et maléfiques carnassiers, cages et instruments de torture des laboratoires, lambeaux des plans de nouvelles armes de destruction atomique, squelettes silencieux d’antennes dressées vers les cieux continuellement pourpres de flammes et de fumées nauséabondes, carcasses d’u-boote échoués dans la boue des rues - il faut les dégager avec des chars d’assaut, afin que la guerre continue - cuves de schnaps débordant de cadavres gonflés, et partout à tout moment ces soldats aux yeux exorbités accompagnés de rats, tenant parfois un cadavre de fillette sous le bras, ou la tête de leur compagnon, tirant au hasard, hurlant quand des gerbes d’étincelles révèlent une surface métallique.




 Ces vieillards trentenaires retombés en enfance rient et pleurent d’un rien, tant qu’ils ont assez de munitions pour jouer, oublier ce grondement perpétuel qui signifie que les chars avancent, que la ville se réduit, dévorant ses habitants, ses prisonniers, sous des tumulus toujours plus imposants - seuls se dressent quelques poteaux décapités, et à quelques endroits - là où sont les rats ! - les monuments massifs de l’ancienne civilisation et leurs dômes crevés, abcès purulents d’orgueil.  


 (dans l’Empire)
Tous les seigneurs n’ont pas cédé aux grands airs de la mort honorable, ou à défaut, stylée. Pantalonnades stériles. Certains initiés ont fui il y a longtemps déjà, processions nocturnes empressées, d’étranges phosphorescences s’échappant des camions bâchés, des cris également et des gémissements, heurts de métal. Les créatures, aberrations et divinités anciennes sont convoyées vers des ports secrets ou les montagnes d’Europe centrale, accompagnées des rêves de revanche de leurs maîtres. Le futur de l’humanité passe par l’inhumanité, les protozoaires tarés du nouvel homme à venir se multiplient dans les fluides corrompus, les corps dévastés, les métabolismes étranges. Telle est la recherche ; quant à l’annihilation de l’esprit humain, rien n’est plus à expérimenter ou prouver, le taux d’efficacité acceptable a été atteint.

 Peu importe que puissent subsister quelques bribes des humanismes défaits, ceux-ci n’empêcheront pas l’avènement de la Machine, et moins encore celui du Dieu-Bête, perfection organique et spirituelle. En attendant, il faut rouler la nuit, tous feux éteints, marcher encore quand la technique se brise sur les éléments. Car il n’est plus question de guerre, de front ou de percée… il faut tenir face au vent, à la neige, aux déchaînements des orages et des forces telluriques, tenir pour l’avènement du Rêve. Quitter les rats pour affronter les loups. Tous les maîtres n’arriveront pas, et peu importe car leur progéniture leur survivra et se multipliera ; ou sinon un dernier plan : enfouissement, et attente. Devenir des rats, se transformer en loups - affronter les folklores et devenir légendes - régner. En attendant, marcher encore. 


 (une plage - Hémisphère Sud)
Joao attend. Son oncle lui a dit que les étrangers arriveraient cette nuit à l’embouchure du fleuve ; qu’il devrait les accompagner jusqu’à la propriété, leur faire visiter et les aider à installer leur matériel. Plusieurs jours de travail, sûrement. Plus le plaisir unique de s’enfoncer de plusieurs centaines de kilomètres à l’intérieur de la jungle - pas franchement hostile à condition de ne pas mettre un pied à terre, ou dans l’eau, ou de toucher une plante - merde même l’air est hostile, avec ces foutus moustiques et les miasmes fétides du fleuve.

 Sans parler des autochtones - ne plus dire ‘sauvages’, on est au vingtième siècle, non ? - Pourtant ils n’ont jamais été aussi sauvages, enfin relativement… avant tout le monde faisait comme eux, finalement. Ils ont raté le coche c’est tout, ils ont pas inventé le choléra… Avec les étrangers le voyage sera plus intéressant - des européens a dit l’oncle, genre suédois. Des allemands à coup sûr. Qui d’autre irait se terrer dans un coin aussi détestable, et bâtir une magnifique hacienda pour camoufler quelques kilomètres de bunkers bétonnés et galeries souterraines?
 
Qui irait braver ces foutues bestioles et l’humidité juste pour disparaître de la surface de la terre, sinon ces enculés de nazis? De drôles d’installations, en plus - même un petit train pour se déplacer, et une espèce de puits - les travaux avaient été un cauchemar à cause de l’eau, qui tombe du ciel, qui s’infiltre par le sous-sol, qui empoisonne quand on la boit… plus le dynamitage des ruines enfouies sous les fougères et les palétuviers… Sûr que les allemands vont adorer.
 
 
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Publié dans Groin-Groin

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L
Autant pour moi, j'l'ai trouvé ton com...<br /> Il est là et j'y ai répondu :<br /> http://www.legnoch.com/article-779704-6.html#anchorComment<br /> Merci à toi !!
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L
salut YanniG !!<br /> Tu me dis sur le forum m'avoir laissé un com et un long...<br /> Bon je t'ai répondu sur le topic mais à priori tu n'y es pas retourné.<br /> Je t'ecris donc ce com pour te (re)dire que je n'ai absolument rien sur mon blog, comme com de ta part.<br /> Voilà, c'est pour que tu ne crois pas que je l'ai effacé ou un truc comme ça... C'est pas mon style !!<br /> Bonne continuation !
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