Live Reports : les groupes qui konkassent !

Publié le par NoWay

The Ex au Jardin Moderne (12.04.2005)

 

 

 

Encore un des concerts de l’année (ça devient une habitude) pour le combo Free Punk Noise d’Amsterdam de retour à Rennes quelques mois seulement après leur prestation à L’Antipode (elle aussi excellente) en 2004.

Pour ceux qui ne les connaîtraient pas (quelle erreur !), The Ex est un quintette (chant basse, batterie, 2 guitares) néerlandais au style inclassable mais à l’attitude et au son définitivement Punk (à la Crass ) mixant dans leur creuset depuis plus de 25 ans et de 15 albums des influences variées allant de diverses musiques traditionnelles (européennes, africaines…) à de la Folk dure et du Rock’N’Roll sec, tranchant, bruitiste parfois à la limite de l’expérimentation sonore.

Amis de groupes comme De Kift, Tortoise, Sonic Youth ou Shellac (Steve Albini a produit plusieurs de leurs albums), c’est une bande inclassable qui ne cesse d’écumer l’Europe (et le monde !) pour diffuser, transformer et enrichir leur musique, dans un esprit traveller radical de gauche (voire d’extrême gauche) en totale rupture de ban avec le monde industriel capitaliste libéral qui les entoure (et nous aussi, d’ailleurs !) et prêt par contre à toute expérience et collaboration avec ceux qu’ils peuvent croiser dans leurs pérégrinations.

Malgré l’excellence de leur musique et le fait que The Ex soit fondamentalement un groupe de scène (ils vivent pour faire de la musique LIVE), on pouvait à l’aube de ce nouveau concert se demander si leurs passages répétés en Bretagne (3 en moins de 18 mois) n’allaient pas finir par engendrer une certaine lassitude ou si le poids des années n’allait pas un jour freiner l’élan de leurs prestations en général électriques.

Autant dire qu’il n’en fut rien, puisque ce concert du 12 Avril, idéalement sis dans la salle de concert de 250 places du Jardin Moderne (parfaite pour ce genre de groupes), fut sans doute un des plus radicaux et des plus puissants de mémoire de KrashWar, enflammant l’endroit (et le public) pendant plus d’une heure et demi. Assistés cette fois-ci à la basse d’un musicien de Zu (excellent groupe italien) qui remplaçait la contrebassiste qui les avait accompagnés ces dernières années, la musique de The Ex prit une connotation plus dure, plus Noise Rock et accoucha entre de superbes plages de musique de transe plus atmosphériques d’une collection de morceaux surpuissants et distordus, grésillants (quasiment du Harsh instrumental) et diaboliquement vivants dont certains atteinrent des proportions quasi-apocalyptiques, le sommet culminant avec le dernier morceau de rappel, longue montée de près de 10 minutes se finissant en folie furieuse orgiaque et déchaînée.

Encore une grosse claque de la part de ce groupe dont les performances scéniques rivalisent sans problème en force pure avec les grosses machineries métal-noise telles Nostromo ou Neurosis, un certain humour et une certaine élévation en plus. Qu’on se le dise !!!

 

 

 

Les immanquables de The Ex : quasiment pas de déchet dans la production du groupe, mais KrashWar recommande particulièrement Mudbird Shivers (1995), Starters Alternators (1998, le premier album enregistré avec Steve ‘Shellac’ Albini) et leur dernier, Turn (2004).

A noter en outre de nombreuses collaborations et projets annexes, notamment avec Tortoise ou Sonic Youth et deux superbes albums avec le violoncelliste malheureusement disparu Tom Cora (RIP), dont l’excellent Scrabbling At The Lock (1991).

Signalons enfin qu’un DVD de The Ex intitulé Beautiful Frenzy vient tout juste de sortir. Le KrashWar n’a pas encore eu l’honneur de le voir, mais s’il s’agit de morceaux live, cela promet d’être d’anthologie. A rechercher d’urgence, donc !

 

 

 

 

-         Rock destruction : Keelhaul live

 

 

 

 

Retour en arrière pour revenir sur un des concerts de Rock’N’Roll les plus marquants de 2004, toujours au Jardin Moderne (the good R’N’R place!): celui du groupe Keelhaul, de Cleveland, venu étrenner son troisième album Subject to change without notice.

Créé en 1997, leur premier album éponyme paru en 2001, Keelhaul n’était pas encore très connu dans nos contrées, mais la présence aux baguettes de l’incroyable batteur de Craw (groupe mythique malheureusement disparu, RIP) laissait augurer d’un groupe intéressant, voire saignant. C’était peu dire, le concert s’étant révélé une véritable tuerie de Heavy Métal Rock aux structures contournées et complexes, au son lourd et abrasif, tout cela soutenu par une rythmique en perpétuelle évolution et d’une sombre puissance, loin du 4/4 classique du rock de base. Peu de voix (mais grande claque quand elles arrivent, hurlements déchirés ou pleins d’effet à la Ministry ), mais une musique épaisse, métallique et brillante,sorte de blues rock poisseux à grain épais retravaillé à la sauce industrielle et destructurée des années 2000.

Performance scénique puissante, incandescente, travail d’usine en flammes : parfait instantané des U.S. post-modernes et dépressifs tels qu’on les imagine. On ne peut que prier pour un retour dans les environs de ce groupe avant une séparation ou un quelconque problème (la durée de vie des groupes de Métal Noise américains étant en chute libre ces derniers temps) !!

 

 

 

Les immanquables : leurs 3 albums Keelhaul, Keelhaul II et Subject To Change Without Notice. En bonus, les albums de Craw, l’ancien groupe du batteur, moins sauvages mais tout aussi puissants.

 

 

 

 

 

 

-         Perturbation atmosphérique : Isis live

 

 

 

 

Autre sensation forte de l’année dernière, toujours au même endroit (The Modern Garden, as they  say), le groupe Isis de Boston qu’avaient eu la bonne idée d’inviter nos amis métal-hardcoreux d’Overcome. Qu’ils en soient loués !

Formation assez atypique en provenance de Boston, Isis, créés en 2001 et auteurs de 3 albums, distille lors de morceaux longs en constante montée d’intensité une musique atmosphérique lourde et tendue, mur de son soutenu par de glaçantes nappes de synthé (eh oui !) et quelques samples sur lequel se greffe une voix morbide et litanesque, le tout formant une sorte de symphonie mortuaire et désespérée de pus en plus puissante jusqu’à ce que les morceaux explosent dans une catharsis de violence déchaînée, infernale et distordue, qui libère de toute la tension malsaine accumulée couche sur couche pendant les minutes qui précèdent, dans une structuration montée de pression/ exutoire ultra-violent évoquant parfois certains morceaux de l’album 100% White Puzzle des Hint.

Musique étonnante donc, au croisement de la Cold music (relents de très vieux Cure –Pornography- ou de Joy Division par moments) et du Rock Noise le plus sauvage, mâtiné de métal et de dark électro. Splendide et glaçant, comme les ruines hantées d’une vieille station spatiale désaffectée, et hautement recommandé au cas où leur viendrait l’idée d’arpenter de nouveau nos contrées.

 

 

 

Les immanquables : leurs 3 albums sans hésitation, Celestial (2001), Oceanic (2002) et Panopticon (2004).          

 

 

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Publié dans Musik

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G
erf je suis plutot métal mais tu parles très bien de ta musique... ca donne envie d'écouter
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