Pourquoi mes enceintes pourraves diffusent-elles UB 40 ?
L’excellent blog que vous compulsez a beau avoir une périodicité irrégulière (en tout cas, c’était ainsi quand j’ai écrit ces lignes. Mais c’était lors de cet été 2005, où je me suis mis à faire du marbre pour les moments où je manquerais d’inspiration.) … C’est comme le tabac et l’alcool, ces parenthèses. Faudra que j’arrête un jour. Vous avez vu les conséquences ? j’ai perdu le fil, ça veut plus rien dire.
Plus qu’à tout effacer. Oh et puis merde. Même si c’est nul ce n’est déjà plus une page blanche. Les débuts c’est le plus facile, des histoires j’en commence douze par semaine. Si vous voulez d’excellents débuts de romans, demandez-moi. J’en cède à vil prix.
Donc alors. Après une brillante intro, une problématique carrée comme à l’armée : en ce moment, je passe donc, vous l’avez compris, pas mal de temps à essayer de pondre du texte. Donc j’allume les périphériques de mon ordino et son unité centrale, puis par un intense effort de volonté je détourne le pointeur de la souris de l’icône Diablo II, pour cliquer sur le fichier word que j’ai démarré hier soir. Je le lis, je constate comme vous que c’est à chier, alors j’en commence un autre, parce que je viens d’avoir une bien meilleure idée. Direction l’icône nouveau document. Et voici la fameuse page blanche. C’est là que les problèmes commencent. Il faut que je fasse quelque chose, mais tout plutôt qu’écrire. En moi s’accumule d’excellentes histoires, mais ça ne veux pas sortir. Le thème, l’idée, le plot sont bons, mais les personnages n’y adhèrent pas. Ils refusent de ne faire qu’un avec le reste de la mixture textuelle, tels des pucelles effarouchées. Enfin, je dis ça, c’est moi qui me comporte ainsi, qui ne me force pas à leur faire violence.
Mais ces personnages, je les respecte trop pour leur faire mal, ils ressemblent tellement à mon grand-père Francis, à mon pote Michel de la classe de CM1, au curé de Saint-Bélial, à ma collègue de bureau si souriante et si douce, pour qui je ressens une tendresse inexprimable et qui provoque en moi…
…Je le tiens mon personnage : un agent immobilier qui a un scooter avec un toit, qui prend des séances d’UV et de la coke et qui a trouvé une arnaque terrible… Et c’est alors, quand j’ai enfin les ingrédients principaux de la mixture, quand j’applique une violente rotation 180 degrés à mon fauteuil à pivot et quand je jette mes doigts sur le clavier que… …Que je me rends compte que mes enceintes crachottent en sourdine une soupe de faux reggae. Par un mystère de l’électromagnétique et de la structure des vieux immeubles, en dehors de toute sollicitation de la part de leur seigneur et maître l’unité centrale, mes vieilles enceintes pourries jouent les radios FM.
Là, sur l’instant, c’est le Buena Vista Social Club brouillé par une trompette de jazz. Mais tout à l’heure, tandis que mes doigts se jetaient sur le clavier tels une meute de loup sur un troupeau de moutons, c’était UB 40 que j’ai entendu. Alors je me suis dit « tiens UB 40. Peu importe. Où en étais-je ? » Et merde. Sept mesures d’une mélodie à l’harmonica trop entendue et j’avais perdu cette histoire d’arnaque immobilière. Plus qu’à aller dormir. Je la retrouverai peut-être au bureau, cette histoire. Mais je sais bien que non. Sans que je sache exactement pourquoi, je n’arrive pas à me concentrer au bureau.
Saloperie d’UB 40.